19.03.2009
Bye, raindog...
18:48 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.03.2009
Resistance
Allez, je saute dans le train de L et je résiste moi aussi à Snydick.
D'abord, un peu de rigolade pour mon buddy! (oubliez pas de couper "l'Adagio" tout en bas...)
Et maintenant...voici du Watchmen, du vrai, du bon, 100% Alan Moore à vous mettre sous la dent...pour anglicistes only...et pour les autres, descendez à la fin de la note, j'ai quand même pensé à vous.
Rorschach's journal. October 13th 1985. 11.30 P.M:
On friday night, a comedian died in new york.
Someone threw him out of a window and when he hit the sidewalk his head was driven up into his stomach.
Nobody cares.
Nobody cares but me.
Are they right? Is it futile?
Soon there will be war. Millions will burn. Millions will perish in sickness and misery.
Why does one death matter against so many?
Because there is good and there is evil, and evil must be punished. Even in the face of armageddon I shall not compromise in this.
But there are so many deserving of retribution...
...and there is so little time.
¤
Kovacs had friends. Other men in costumes. All Kovacs ever was: man in a costume.
Not Rorschach.
Not Rorschach at all.
In 1965, worked with Nite Owl bringing street gangs under control. Tackled the big figure together. Brought down underboss together. Good team.
Until he got soft, like rest.
Until he quit.
No staying power. None of them. Except comedian. Met him in 1966. Forceful personality. Didn't care if people liked him. Uncompromising.
Admired that.
Of us all, he understood most. About world. About people. About society and what's happening to it.
Things everyone knows in gut. Things everyone too scared to face, too polite to talk about.
He understood.
Understood man's capacity for horrors and never quit. Saw the world's black underbelly and never surrendered. Once a man has seen, he can never turn his back on it. Never pretend it doesn't exist.
No matter who orders him to look the other way.
We do not do this because it is permitted. We do it because we have to.
We do it because we are compelled.
¤
Stood in firelight, sweltering. Bloodstain on chest like map of violent continent.
Fely cleansed. Felt dark planet turn under my feet and knew what cats know that makes them scream like babies in night.
Looked at sky through smoke heavy with human fat and god was not there. The cold, suffocating dark goes on forever, and we are alone.
Live our lives, lacking anything better to do. Devise reason later.
Born from oblivion, bear children, hell-bound as ourselves; go into oblivion.
There is nothing else.
Existence is random. Has no pattern save what we imagine after staring at it for too long.
No meaning save what we choose to impose.
This rudderless world is not shaped by vague metaphysical forces. It is not God who kills the children. Not Fate that butchers them or Destiny that feeds them to the dogs.
It's us.
Only us.
Streets stank of fire. The void breathed hard on my heart, turning its illusions to ice, shattering them.
Was reborn then, free to scrawl own design on this morally blank world.
Was Rorschach.
¤
Is everyone but me going mad?Over 40th Street, an elephant was drifting.
Beyond that, unseen, spy satellites. If they so much as narrow their glass eyes, we shall all be dead.
This rentless world: there is only one sane response to it.
The alleyway was cold and deserted.
My things were where I'd left them.
Waiting for me.
Putting them on, I abandoned my disguise and became myself, free from fear or weakness or lust.
My coat, my shoes, my spotless gloves.
My face.
Had three hours before calling on Moloch.
Away down allez, heard woman scream, first bubbling note of city's evening chorus.
Approached disturbance. An attempted rape/mugging/both.
Cleared throat. The man turned and there was something rewarding in his eyes.
Sometimes, the night is generous to me.
¤
Blood from the shoulder of Pallas

by Dan Dreiberg
[…] Nowadays, when I observe some specimen of Carine noctua, I try to look past the fine grey down on the toes, to see beyond the white spots arranged in neat lines, like a firework display across its brow. Instead, I try to see the bird whose image the Greeks carved into their coins, sitting patiently at the ear of the Goddess Pallas Athene, silently sharing her immortal wisdom.
Perhaps, instead of measuring the feathered tufts surmounting its ears, we should speculate on what those ears may have heard. Perhaps when considering the manner in which it grips its branch, with two toes in front and the reversible outer toe clutching from behind, we should allow ourselves to pause for a moment, and acknowledge that these same claws must once have drawn blood from the shoulder of Pallas.
¤
Et comme promis, voici un autre bijou en français. pendez le à vos oreilles mes amis.
Swamp Thing

Ne bouge pas mon petit lys de charnier. Ne tremble pas. Ton oncle a une histoire à raconter, une blague, une histoire du soir...
L'histoire de comment c'était quand j'étais mort.
« Mon oeil a explosé et le phosphore s'est déversé en hurlant dans mes artères. J'ai entendu des millers de harpes frappées par un accord assourdissant...
Il y a des manières plus agréables de lâcher prise sur la gorge de la vie.
C'est mon échec qui m'a flétri. En comparaison, l'étreinte de la foudre n'était rien. En tentant d'atteindre une autre chair pour héberger mon intellect, j'ai été dupé!
Dupé par un pion, un chiffre, une chose aussi insignifiante que le plus méprisable scarabée...cet insecte, ce grain sans valeur, avait par sa mort déplacé Arcane l'immortel...me condamnant aux latitudes vespérales...aux terres des toiles d'araignées...aux régions sinistres des hommes désincarnés.
Ils étaient si nombreux, pris dans les brumes de l'au-delà, leurs âmes trop blindées pour s'élever vers la lumière.
Des empoisonneurs, des traîtres, des tyrans et des bourreaux...leur infamie était massive. Son pouvoir de gravité, un courant psychique de glace qui tiraillait mon esprit...
Mais je parvins à me libérer des doigts exsangues, sans os ni muscles...à me libérer de ce crépuscule malin, noir comme de la poix...à rebrousser chemin vers les hémisphères décolorés...vers ma glaise abandonnée comme un serpent retourne à sa dernière mue.
Elle gisait dans la poussière. Si petite...si diminuée...
Cette chose qui fixait le néant de ses orbites stupides, du fil de fer fondu traînant comme une langue de chair morte...
Je ne pouvais porter ce déguisement.
Mais j'étais de retour dans le monde, le monde qui s'étendait autour de moi telle une vaste penderie, pleine de cadavres à demi-éveillés.
J'irais vêtir mon esprit ailleurs...
...des oripeaux que je trouverais. »
Extrait de Swam Thing Volume II: « Amour et Mort »
écrit par Alan Moore
traduit par Anne Capuron et Jean-Paul Jennequin.
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15.06.2008
All In
malheureusement, je sais que ça ne parle pas forcément à beaucoup d'entre vous mais tant pis, j'vous le dis quand même: Negreanu (aka my favourite poker player) a remporté son quatrième bracelet des World Series of Poker au limit Hold'Em. ^^
(cela dit si "ALL IN" rappelle à quelqu'un un titre d'épisode de The Shield, ça me fera plaisir ^^)
j'suis impatiente que le Main Event commence...le problème c'est que les télés qu'ont apparemment la main-mise sur l'évènement ont décidé d'attendre juste 4 mois pour la finale.
en gros, les neuf types qui arriveront en table finale devront attendre un mois où le record d'audience sera "mieux" pour jouer leur finale...et encore après ça, les deux ultimes finalistes devront attendre le lendemain pour finir leur partie...c'est juste...débile à mon avis, mais bon...encore un coup de snydick ça.
un p'tit melting pot de "The Nuts"
surtout pour mon bro à qui ça parlera plus, sorry pour les autres ^^
Poker player imitations.
Le joueur parfait
Le meilleur joueur à n'avoir jamais remporté de bracelet
et pour Manji, fais gaffe, faudrait pas qu'un skin-head qui cause même pas la france mène son projet à bien avant toi (c'est surtout qu'avec toi j'ai un deal que j'ai pas avec lui!)
Gus Hansen has a plan
22:16 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.05.2008
Nicolas Cage should "die in hell"
c'était le titre de l'article qui suit.
"I wish those people would die in hell," he told reporters when asked what he thought of the remake plan.
"Nick Cage, Werner Herzog ... I hope they're in the same streetcar when it blows up."
Entertainment industry journal Variety reported last week that the film, which featured Harvey Keitel as the lead in the original, would star Cage and be directed by Herzog.
The original film saw critical acclaim for the electrifying performance of Keitel, a morally depraved New York police officer investigating the brutal rape of a nun.
Ferrara is at the Cannes film festival this week to present Chelsea on the Rocks, a documentary about New York's legendary Chelsea Hotel.
Au moins on sait ce qu'il en pense. Est-ce que c'est pas juste super irrespectueux de ne même pas attendre la mort d'un mec pour aller le piller? Putain mais quelle bande de rapaces...oh ben tiens, ça y est, je viens de repenser à Snydick du coup, faut que j'aille aux chiottes maintenant. J'ai entendu quelques rumeurs disant que Cage voudrait être considéré comme un acteur et que c'est lui qui serait aller chercher le rôle...de même que ce serait Madonna, désespérée par sa carrière ciné lamentable qui se rêverait dans la peau de Bergman pour Casablanca 2. Je ne sais pas si c'est vrai, mais même sans ça je désapprouvais l'idée de toute façon...et franchement, faut avoir un ego démesuré pour vouloir souffrir la comparaison avec Keitel! ah là là...monde de merde, pas vrai George? Monde infesté par les fanachistes.
Mais j'ai un brin de bon sens, je sais comment on fait un fuck à tous ces enculés.
d'abord on se regarde quelques vidéos du Roi Heenok pour rigoler un bon coup et se détendre...et après on s'allonge tranquillement sur un canapé avec un bon tome de "Hellblazer/ Péchés Originels".
J'peux pas vous offrir le second, (surtout que je l'ai pas encore fini ^^), mais j'peux vous donner le premier! et franchement, si avec ça vous avez pas mal aux abdos, je sais pas ce qu'il vous faut! Allez on y va, ça se passe à fond!
02:46 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.03.2008
6h42
c'est la 150ème note...non pas que ce soit si important de le noter, mais 150 est un nombre que j'ai toujours trouvé...joli.
j'me rends pas bien compte si ça fait beaucoup ou pas beaucoup de notes pour un blog commencé je-ne-sais-plus quand...mais j'ai le sentiment que j'ai surtout mis beaucoup de n'importe quoi, et de n'importe quoi inintéressant. enfin...en même temps, pour ce que j'avais vu, les blogs n'étaient pas forcés d'être intéressants...mais dans un souvenir lointain et brumeux, j'entends de nouveau cette voix qui me soufflait d'entreprendre ce truc vaguement informatique (qui selon moi prenait naissance dans l'egocentrisme forcené d'un/e désespéré/e en quête d'attention) pour partager ma "richesse"...j'espère que cette personne se reconnaîtra, et aura la décence de se dénoncer, car c'est elle que vous devez blâmer!
j'ai essayé de ne pas me prendre au jeu, et de ne jamais croire que je disais des trucs intéressants, et encore moins intelligents...le problème, c'est que le constat est bien là: je n'ai effectivement rien dit d'intelligent, rien dit d'intéressant et heureusement que vous êtes peu nombreux à lire ça sinon ma culpabilité s'en trouverait décuplée.
j'avais donc décidé de vous parler enfin des choses que j'aime, d'y mettre du coeur, de la passion et un bout de matière grise et gluante...mais un autre constat s'étale devant mes yeux quelque peu fatigués...je ne sais pas mettre des mots là où je mets du coeur.
alors finalement, j'ai volé quelque chose pour vous...quelque chose que j'aurai aimé écrire...vraiment j'aurai aimé...mais bon...l'important, c'est que ce soit beau et que je sois tombée dessus.
John Cassavetes - La meilleure façon de marcher
Découvrir l'oeuvre du regretté John Cassavetes dans un cinéma de Limoges peut former un cinéphile. Après Cassavetes, la vie, c'est comme au cinéma.
Affirmer abruptement qu'un jour un film a non seulement bouleversé ma façon d'apprécier l'art mais aussi déterminé, pour plusieurs décennies, une attitude existentielle peut sembler puéril ou exagéré. Durant l'hiver 1974 (j'avais 16 ans et j'habitais Limoges), j'ai découvert Husbands de John Cassavetes et ne m'en suis jamais remis. Devant moi, deux soirs de suite, sur une pellicule dont la texture granuleuse m'avait sidéré, des hommes chantaient, pleuraient, transpiraient, buvaient jusqu'à vomir, parlaient des heures entières avec des filles sur un lit, sans que la caméra ne les quitte ou que le metteur en scène ne leur demande de faire plus court, comme au cinéma. Fascination, hébétude, profond mystère : comment pouvait-on réaliser des films pareils, et surtout pourquoi cet interminable happening douloureux (j'étais sorti fourbu de chaque projection) me serrait-il la gorge, me dévastait-il l'esprit avec autant d'âpreté ?
A l'époque, voir en France (a fortiori en province) un film de Cassavetes relevait de la gageure. Il a fallu attendre avril 1976, la sortie d'Une Femme sous influence, pour tenter d'éclaircir un peu l'énigme de ce que j'avais ressenti. Grâce à Peter Falk, toute l'équipe passait chez Drucker (Les Rendez-vous du dimanche), faisait la une des quotidiens, bénéficiait même d'une avant-première France soir, sommet surréaliste (dans la salle du Gaumont-Sud, le public scandait "Columbo ! Columbo !" ) d'un invraisemblable malentendu médiatique. J'ai pris le train avec ma mère (je lui avais dit "Je veux que tu voies ça") ; face à sa mine accablée par 146 minutes d'hystérie, je me souviens lui avoir timidement demandé "Alors, ça t'a plu ?" Elle a répondu "Oui, beaucoup, mais c'est... spécial." Plus tard, elle a ajouté "Ça n'est vraiment pas un film ordinaire." Avec ses mots simples, sa perception au feeling, elle m'avait fourni la confirmation que j'espérais secrètement... Car, malgré l'apparence plus accessible de l'histoire, Mabel Longhetti était bien la s'ur de blues des trois maris en rupture de ban. Elle cristallisait, par sa soif d'authenticité antisociale, sa volonté farouche de résistance aux assauts de la normalisation, un malaise aigu que je n'étais pas loin d'éprouver sourdement. Alors, pour formuler, concrétiser son irrépressible besoin de transparence affective, elle se cabrait, grimaçait, tendait ses muscles, les contractait ; simultanément, elle cherchait le contact qui rassure, effleurer les corps aimés, s'y agripper, s'y réfugier afin d'éviter le naufrage. Peu à peu (on ne soulignera jamais assez la puissance émotionnelle du plan-séquence !), sa lutte frénétique pénétrait en moi, universelle et particulière, signe (je l'ai compris plus tard) des créations essentielles. Cette perception pathétique des tourments humains se synthétisait dans la scène terrible précédant l'internement forcé, psychodrame chaotique où l'ensemble des personnages (Mabel, Nick, sa mère, le médecin, les enfants) se battait, au propre comme au figuré, avec les cadres, tentait d'échapper à l'enfermement, à l'asphyxie, titubait, gisait, se redressait, fuyait, réapparaissait. La consubstantialité entre forme et expression m'était subitement apparue avec une intensité poignante : Cassavetes vivait, Cassavetes filmait.
A partir de ce moment, en compagnie de quelques copains (dont Pascal Ribier, qui est devenu ingénieur du son pour Eric Rohmer, et Jean-François Jeandillou, désormais linguiste à Nanterre), l'occupation principale a été de guetter les apparitions (la plupart du temps uniques) des uvres précédentes à Paris : Ainsi va l'amour (ancien titre français de Minnie et Moskowitz) couplé à La Reine Christine dans un vénérable cinéma kitsch dont j'ai oublié le nom (et qui pratiquait l'usage révolu du double programme à prix réduit), Faces en version originale non sous-titrée à la Cinémathèque de Beaubourg (elle venait d'ouvrir) ; en parallèle, nous attrapions au vol les premiers Kenneth Loach (Kes, Family life), Shirley Clarke (The Cool world, Portrait of Jason), Robert Kramer (The Edge, grand baptême expérimental, Milestones), Jim McBride (Glen and Randa), Monte Hellman (Macadam à deux voies), mais aussi Chantal Akerman, Philippe Garrel, Jean Eustache, Jean-Marie Straub, l'écurie Corman (Paul Bartel et son inénarrable Death race 2000, Steve Carver, Jonathan Demme, Jonathan Kaplan), les pornos de Gérard Damiano et Henry Paris/Radley Metzger (ah, The Opening of Misty Beethoven !), sans oublier, au passage, une collection scintillante d'ovnis cinématographiques aujourd'hui oubliés comme Sleeping beauty de James B. Harris, The Scenic route de Mark Rappaport, The Mafu cage de Karen Arthur. Cassavetes nous avait ouvert une porte, que nous avons franchie instinctivement, sans jamais retourner sur nos pas ni interrompre le voyage. Celle, bien entendu, de la différence, où tout est permis à travers cette suprême liberté qu'autorisent passion et détermination rebelles. Le point d'orgue de notre quête quasi initiatique a consisté en une soirée qui demeure l'un des meilleurs souvenirs de mon parcours cinéphilique : la présentation à Beaubourg sur écrans juxtaposés (avec alternance aléatoire du son) de l'intégralité des Chelsea girls d'Andy Warhol...
Je n'ai nullement l'intention de gloser ici sur l'essence de Cassavetes, d'autant que la critique publiée avant et après sa mort (notamment Thierry Jousse, Laurence Gavron et Denis Lenoir) a circonscrit son style, ses thématiques, les sous-tensions induites par sa formalité radicale, le poids de son influence sur les nouvelles générations (Scorsese, Jarmusch, Ferrara, etc.), avec clairvoyance, sensibilité et érudition (il y avait eu auparavant Cinéastes, de notre temps d'André S. Labarthe et Hubert Knapp, qui pénétrait dans le fameux garage-salle de montage, illustration exemplaire d'indépendance et d'opiniâtreté) ; nous avions par ailleurs dégoté au défunt Zinzin d'Hollywood un vieux numéro des Cahiers du cinéma d'octobre 1968 dont le sommaire excusez du peu en matière de défrichage ! regroupait des interviews, études et notes concernant Clarke, Cassavetes, Warhol, Kramer, Ivory, Straub, Hellman, Hanoun et Bénazéraf !). Toutefois, une ou deux idées qui me taraudent, suggérées par la sortie tardive d'Opening night (quatorze ans de patience enragée !) et une énième vision récente de Meurtre d'un bookmaker chinois (ex-Bal des vauriens) : si le projet cassavétien, peu ou prou, se concentre sur une tentative fiévreuse de captation d'un ineffable protéiforme, mouvant, qui émane des êtres, leur résiste, leur échappe, les nourrit en les épuisant et les révélant, sa transfiguration artistique, cet inimitable effet physique de réel inlassablement travaillé, remodelé, distendu, acquiert une dimension encore plus tragique (à la limite du supportable), confronté frontalement à son double cathartique, la création. Je suis définitivement ému par tous les films de Cassavetes (y compris Un Enfant attend et Big trouble), jamais autant que lorsque Cosmo Vitelli, blessé, se réfugie dans son cabaret, le Crazy Horse West, pour introduire (une dernière fois ? peu importe) le numéro de Mister Sophistication et des stripteaseuses, ou quand Myrtle Gordon, ivre morte (il faudrait presque inventer l'expression "ivre vivante"), traverse l'espace (métaphorique, on s'en doute) qui mène des coulisses à la scène théâtrale (la pièce se nomme The Second woman !). Nous touchons alors, je crois, aux enjeux intimes du cinéaste qui devait penser, à l'instar de Bergman, Pasolini, Fassbinder ou Almodóvar (auquel j'emprunte la citation suivante), que "la réalité a besoin de la fiction pour être complète, plus vivable", quitte, sur la durée, à consumer son énergie dans une matérialisation forcenée de l'impalpable et s'apercevoir qu'on ne peut rien donner d'autre que des torrents d'amour ("I can't give you anything but love, baby", fredonné a cappella lors de l'épilogue du Bookmaker chinois). Ce qui, au bout du compte, n'est déjà pas fréquent !
J'en arrive ainsi au registre le plus précieux de mon attachement indéfectible à Cassavetes. Vrai cinéphile convulsif, j'adore évoquer les films. Mon discours est scandé par une incontournable formule, "C'est comme dans...", prétexte perequien à "stimuler la racontouze" visuelle. Je souhaiterais donc, en guise de conclusion, faire partager quelques magnifiques mirages de la vie (pensée furtive pour Douglas Sirk) qui émaillent mon existence, la fondent et l'irradient : le concours de chansons dans Husbands, où Cassavetes, Falk et Gazzara s'acharnent sur une pauvre fille qui n'arrive pas à se laisser aller, Minnie et Moskowitz improvisant un slow sur un parking, Cosmo Vitelli devant sa boîte de nuit épongeant le sang qui coule le long de sa veste... et Gena Rowlands, épuisée, anéantie, à la fin d'Opening night ; Bobby, son accessoiriste, lui chuchote "Miss Gordon, j'ai vu bien des gens ivres dans ma vie, mais jamais personne aussi ivre que vous et qui soit encore capable de mettre un pied devant l'autre." La fonction de l'art n'est en aucun cas l'utilité, mais il arrive parfois (la trompinette de Vian, les peintures de Francis Bacon, certains romans de Bukowski) qu'il s'impose à quelqu'un comme une nécessité imparable. L'âge avançant, je perçois mieux à quoi me sert le cinéma de Cassavetes : à pouvoir, quoi qu'il advienne, mettre encore un pied devant l'autre.
A Michel Fridemann et son "ciné-club de 17 h 45".
Par Marc Bruimaud
les inrocks
29/12/99
06:31 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
26.03.2008
Husbands
the luckiest girl in town...don't look further, that's me!
John, for heaven's sake how d'you make that? how d'you make a girl like me being touched by "Husbands"?
could i be further from your characters? i doubt it. i don't even drink nor smoke.
yet it works all the time. i feel...released from something whenever i sit and watch your images.
i feel...air, fresh air filling my lungs. i feel good.
i've finally got Mickey and Nicky. that beautiful piece i saw in Cannes last year...the last movie i saw and it made me cry my heart out. i couldn't help it when i watched it again the other day. gees, a few things really get to me, huh?
i've finally got Husbands...and i wanted it for so long! my my! the longer you wait the better it feels, that's one sure thing in this world, but it's so goddamn hard to wait when you hate that!
and soon i'm gonna have all Johnny Staccato episodes...
"What should I call this happy madness that I feel inside of me
Sometime of wild october gladness that I never thought I’d see"
and for you, english speaking friends, the "Husbands" trio in the Dick Cavett show:
05:22 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
25.02.2008
wanna know?²
3 événements sportifs auxquels vous auriez aimé assister:
(là encore je vais gruger et plutôt prendre trois sportifs.)
Boxe:
-Walker Smith Jr/Sugar Ray Robinson: sa revanche sur LaMotta en 51 qui lui vaut son titre mondial des poids moyens et sa victoire sur Graziano en 52.
Boxe²:
-Cassius Clay/Mohamed Ali: "The Rumble in the Jungle" contre George Foreman et "The thrilla in Manilla" contre Joe Frazier.
Baseball:
-Jackie Robinson: la première victoire au World Series des Dodgers de Brooklyn en 55.

Did you see Jackie Robinson hit that ball?
It went zoomin cross the left field wall.
Yeah boy, yes, yes. Jackie hit that ball.
And when he swung his bat,
the crowd went wild,
because he knocked that ball a solid mile.
Yeah boy, yes, yes. Jackie hit that ball.
Satchel Paige is mellow,
so is Campanella,
Newcombe and Doby, too.
But it’s a natural fact,
when Jackie comes to bat,
the other team is through.
Did you see Jackie Robinson hit that ball?
Did he hit it? Yeah, and that ain’t all.
He stole home.
Yes, yes, Jackie’s real gone.
Did you see Jackie Robinson hit that ball?
Did he hit it? Yeah, and that ain’t all.
He stole home.
Yes, yes, Jackie’s real gone.
Jackie’s is a real gone guy.
01:20 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2008
Tim, suite...
18:10 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2008
watashi wa eru dess

Congratulations..! You may look a little strange, but who cares?! You're just a genious..! Looks like you're L!
Death Note characters quiz
brought to you by Quizilla
pour mon vieux pote: allez te bile pas, t'as beau être tombé sur Near on sait très bien tous les deux que tu ressembles plus à L que moi et que j'ai que ce quizz à la con pour me dire le contraire ;)
18:36 Publié dans des gens...inventés ou non | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
soliloquy
"what's the matter John?
-i'm sad company tonight.
-what happenned to your better times?
-guess i lost their reflection in this glass of whiskey."
as i was looking in these half-closed tired eyes, it seemed to me that "Blacksad" never suited him so well.
"i miss something.
-what? to get drunk and cheerful? it's called "another glass" John."
he didn't wanna joke. and John had always been up for a joke ever since i had setteled down under his look.
"John, i'm your friend, talk to me.
-there ain't much to say. i spent this entire life swinging by the thread of my 'stache and i got was this lousy whiskey. (i cheered up at his joke.) when am i getting something?
-when you'll start looking out for yourself my friend. but you dunno how to do it, right?
-never needed to. old' Jack knows all about it.
-ain't the best friend you got. you pay him and he goes as quickly as he came.
-i didn't say he wasn't a whore. but whores sure know how to take care of guys like me.
-you look tired John.
-honestly, if i sleep now, i wouldn't bet on an awakening...fuck, where's Corto when i need him?
-i appreciate you liking my company.
-...Corto's a happy-go-lucky. he's got a nice way to look at life and people. i know you share mine.
-not totally true. and it seems to me i could be Jerry Lewis tonight and still leave you depressed.
-maybe you're right. what'd you think i should do?
-oh man...raise your glass up to you face, look how wasted you are and flash yourself a grin."
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