16.12.2009
America, Fuck Yeah!
[note pour Quadra: ah je t'avais prévenu! c'est long!!!]
Mille hésitations ont précédé le choix de ce titre pour une note que je voulais personnelle, heureuse et optimiste, malgré le désenchantement et le crépuscule salutaires dans lesquels elle s’engouffre.
Ainsi donc, cet intitulé arrive après "Les Ruines Circulaires" où je me serai acharnée à tisser des liens entre mon sujet et le protagoniste de cette nouvelle, qui rêve un homme avant de comprendre que lui-même est rêvé par un homme.
J’ai aussi pensé à "Is Anybody Winning ?" qui clôt un refrain mais ouvre sur l’univers ou encore à quelque chose de plus pompeux du genre : « le mythe hégémonique »…nan j’ai pas vraiment pensé à celui-là…pas comme titre en tout cas, c’est rebutant, non ?
Anyway, après d’autres désirs avortés, here we are: America, Fuck Yeah!
Dans les faits, je ne vais pas gloser sur Team America, Police du Monde auquel je me permets d’emprunter l’hymne, qui colle si bien au sujet, mais plutôt tenter de parler d’un homme qui rêva un homme et qui fût rêvé, d’un vainqueur qui perd peut-être, d’un action man devenu le mythe hégémonique de la plus grande puissance mondiale: John Rambo.
Vaste programme.
Tout d’abord, si certains parmi vous ne les ont pas vus, passez votre chemin ou vous allez sérieusement vous faire chier parce que j’ai pas l’habitude de faire dans le raccourci…ni dans le spoiler au demeurant mais là, comme les 3 premiers opus ont 20 ans, je pense que je n’aurai pas de scrupules à en parler librement.
En tout cas, vous voilà prévenus.
Ca ne fait qu’une semaine, deux maximum, que j’ai découvert Rambo. Impossible de ne pas le connaître de réputation, surtout quand on a grandi avec les Guignols de l’Info qui grossissaient le trait d’un personnage/entité, déshumanisé, pour n’en tirer qu’une caricature face à laquelle quelques jeunes de mon âge ont succombé à ce jour, jusqu’à ne plus voir en Stallone qu’un Captain America indigne d’intérêt, sinon humoristique.
Tétanisée à l’idée de perdre la « mémoire de nos pères » et de patauger dans l’ignorance face à des décennies aussi prolifiques que les 80’s – peur justifiable quand on sait que mon rêve de gosse était de devenir une encyclopédie ambulante du cinéma…aïe…- j’ai donc recherché activement les Rambo essuyant de cuisants échecs. Quelques amis me rirent au nez poliment, d’autres ne me les proposaient qu’en VF…ayant vu – et adoré – le premier Rocky il y a 1 an, dont la douceur du « Adrienne ! » m’avait presque choquée vu les cris forcenés par lesquels les gens me l’avait précédemment « imité » avec force rires et consternation, vous comprendrez que je tenais à voir les Rambo en VO.
Je crois que c’est dans le numéro 1 d’Impact, en kiosque en ce moment, que j’ai lu combien la VF de l’acteur body buildé plombait, encore aujourd’hui, l’image du personnage…tu m’étonnes ! Maintenant que j’ai fait le test, je confirme…
Quoiqu’il en soit, l’attente fût longue, mais j’ai fini par obtenir un joli coffret, prêté par un ami moins influençable que d’autres et résistant à l’obscurantisme artistique intronisé dans nos étranges et lamentables lucarnes comme nos « Pâté, Golmon » et autres Complexes gastronomiques qui pensent encore que les films sont uniquement faits pour accompagner le dessert.
Bref, trêve de « gloseries » vainement méchantes et plus de substance.
Rambo I est à mes yeux un véritable chef d’œuvre. Ceux qui me connaissent savent que je n’existe que pour arpenter les extrêmes, et jamais les lignes du milieu…
Donc, chef d’œuvre je dis, puisqu’il n’y a pas d’autre films qui m’aient fait cet effet là.
Rambo I, n’en déplaise à ceux, aujourd’hui, qui ne daignent pas le regarder, mérite d’être vu.
First Blood (titre original de ce premier volet) révèle des arcanes démentielles sur la construction d’un personnage, de son identité, de son instinct de survie, de son parcours incroyable vers le statut de mythe et bien plus encore…
Ce qui est magnifique (ou triste en fait), c’est que malgré son succès, j’ai pu le regarder sans la moindre idée de l’histoire. Je savais seulement que Rambo était un vétéran du Vietnam. On m’avait plus ou moins dit que dans le premier ça se passait aux Etats-Unis, mais je croyais que vers le milieu, on le renvoyait là-bas…c’est dire le peu de cas que fait notre génération d’une quelconque préservation de la culture…ancienne comme récente d’ailleurs…
Donc, je regarde Rambo I, et en même temps que je le regarde, je pense, d’une certaine façon, à Predator. Je pense à cet animal (Rambo hein, pas les Predator…) fabriqué par l’armée à des fins peu louables, ainsi déshumanisé pour ne préserver que la capacité de tuer sans problème de conscience, la résistance (tous les animaux ne sont pas résistants me direz-vous, mais Rambo l’est !), l’instinct de survie et l’adaptation rapide à tous types d’environnement…là aussi, sans aucun doute bien plus rapide que celle de n’importe quel animal, mais c’est parce que Rambo n’est pas un animal comme les autres.
Déjà, c’est le seul de son espèce. Tous ses anciens compagnons sont morts comme on l’apprend au tout début du film. Ensuite, c’est un animal sorti de son « cadre naturel », la guerre, et qui vagabonde sans autre but que celui de vagabonder.
Il se retrouve traqué par ceux qu’on lui avait appris à défendre, et qui se substituent à ses anciens tortionnaires vietcongs, par le biais subtil de quelques flashbacks très courts, quelques rémanences, lorgnant du côté du raccord esthétique et métaphorique…
Ces séquences là, refusant l’emphase sur le passé hardcore du protagoniste, traduisent immédiatement où se situent « les méchants » et il me paraît impossible de voir, en First Blood, une œuvre pro américaine tant le portrait du sheriff (brillant Denehy) est absolument dégueulasse et tant la solitude, le mutisme de Rambo démontrent à quel point l’armée a eu tort de le fabriquer de la sorte.
Pourtant, loin de simplifier autant le personnage et de criminaliser son créateur, qui se révèle en fait son seul ami, les auteurs du script (se basant sur l’œuvre originelle de David Morell) mais aussi Ted Kotcheff, le réalisateur de ce premier opus, expliquent les nécessités d’un retour à une certaine animalité qui rend possible une véritable communion avec la nature jusqu’à s’en faire une puissante alliée, garante de notre survie face aux aliénés de la modernisation qui ne comptent que sur leur nombre ou sur la puissance de leurs armes.
C’est en ça que Rambo m’évoquait Predator, dans lequel Schwarzy devait, littéralement, se fondre dans le décor pour échapper au radar des Pred et survivre.
First Blood m’a aussi fait penser au genre même du survival, que je connais peu, mais dont beaucoup d’œuvres se déroulent en forêt, avec un psychopathe lancé pour X raisons à la poursuite d’un groupe innocent qui tente de lui survivre.
L’une des raisons pour lesquelles le psycho est généralement dangereux réside dans le fait qu’il connaît mieux que les autres le décor dans lequel il évolue…tout dégénéré consanguin qu’il soit…lol
J’aimais énormément voir l’inversement ici. Rambo seul dans la forêt, maître des éléments, traqués par 200 tarés qui veulent sa mort. Détruit par une guerre « qu’on a pas voulu lui laisser gagner », le béret vert amène avec lui le Vietnam dans cette jungle de fortune, et détourne sa propre histoire pour gagner enfin. Assumant le rôle d’un Vietcong, inférieur en nombre face aux forces armées belliqueuses, et dissimulé dans les richesses du décor végétal qui devient le sien, John J. Rambo témoigne de la perfectibilité de l'homme capable d'apprendre de ses erreurs, et du besoin viscéral, propre à tout un chacun, de s’accrocher à ce que qu’on connaît et qui nous sied le mieux, quitte à le recréer.
Pas besoin d’alourdir les propos, pas besoin de forcer l’empathie, elle fonctionne dès le départ et donne lieu à de forts soulagements quand John estropie un gars ou deux.
Pas besoin non plus d’accentuer le côté « héros » du personnage. Ainsi, on ne sait pas franchement quelle action particulière lui a valu d’être médaillé au Vietnam, la puissance qu’il déploie à survivre force à elle seule l’admiration.
Du coup, lorsqu’il s’effondre à la toute fin devant Trautman, son père symbolique, le héros chimérique cède la place à l’humain meurtri, démoli même au point de pleurer, et intime le spectateur de comprendre que la guerre, ou l’armée, ne fabrique pas de héros. (cela dit, elle le pourra dans le II et III...). Elle ne peut annihiler complètement l’homme sous l’uniforme, ni laver les souvenirs, effacer les cicatrices ou soigner les traumas…elle ne peut même pas réhabiliter ses hommes en tant de paix. Elle fabrique des animaux particulièrement menaçants au mépris d’une humanité qu’elle fragilise.
Je me permettrais d’ajouter ici, si de quelconques détracteurs de Stallone avaient perdu autant de temps pour arriver jusque là, que Sly déclame son texte avec un talent hallucinant et une émotion si poignante que j’en avais le cœur serré.
Le retour de l’humain sur le dieu, ou ici, sur le héros, s’est toujours trouvé au cœur de mes préoccupations, pour une raison que je ne m’explique pas vraiment.
Quelque chose d’autre s’est produit, d’un point de vue personnel aussi, sur ce film que je ne m’attendais vraiment pas à aimer autant.
Pour ceux qui aurait lu la nouvelle L’Aleph de Borgès, eh bien…j’ai eu l’impression de voir l’aleph en regardant First Blood. J’ai vu mille choses dans le même temps que je suivais l’histoire. Pour la toute première fois dans ma vie de cinéphage, mon cortex travaillait en même temps que mon affect, et ce que j’enviais à mes mentors de faculté s’est enfin produit. Un plan m’ouvrait mille chemins que je pouvais emprunter à toute vitesse, en en fouillant les moindres recoins pourtant, jusqu’au plan suivant qui me provoquait le même effet.
Après tant d’années à parler aux films, celui-là a enfin décidé de me répondre.
Je suis heureuse que ce soit Rambo. J’aime les personnages, les acteurs et les mythes effrités par la sagesse de leur instigateur.
Les deux épisodes suivants ont quant à eux sacrifié le personnage sur l’autel des desideratas égocentrés d’un public en manque de héros, séquelle post-Vietnam, et de victoires flamboyantes. Pourtant, La Mission et Rambo III (faut croire qu’au bout d’un moment, on s’est dit que ça n’avait plus d’importance de chercher un titre…) sont plus intéressants qu’ils n’y paraissent, même si c’est à la lumière du tout dernier volet de la saga qu’ils prennent leur véritable ampleur.
Rambo II et III érigent, avec pléthore de fusillades, d’actes de bravoure, d’emphase sur le galbe presque irréel des muscles suintants d’un Stallone sacrément balèze, le mythe cinématographique et hégémonique de l’Amérique.
Flattant l’ego des américains en leur offrant un avatar à la fois justicier et invincible (mais qui ignore son invincibilité pour embrasser, sans aucune hésitation, la notion de sacrifice – d’où la beauté de la chose…), les producteurs, réalisateurs, et auteurs (dont Sly himself) ont fabriqué un homme désincarné, dont le patriotisme dégouline de chaque pore malgré les coups de pute que lui jouent ses supérieurs, et surtout, malgré l’expérience malheureuse vécue dans le premier film !
Rambo se résume à un être d’action, qui ne manque pas d’initiative certes, mais qui ne questionne jamais rien et se contente de taper sur tout ce qui bouge, du moment que ce n’est pas américain.
Il respecte soigneusement et littéralement la « première loi de la robotique » rédigée par l'auteur Isaac Asimov: Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
Fabriqué par les américains, John Rambo est conditionné pour ne pas toucher à ses compatriotes, aussi détestables soient-ils.
Galvaniser les esprits en cette triste période de Guerre Froide représentait sans nul doute une intention louable, mais le manque de lucidité sur des questions aussi fondamentales que la Guerre, sa légitimité et ses idéologies, font quand même mal au cœur.
De fait, l’hégémonie américaine, forte de sa way of life imposée à coups de matraques ou de dollars partout dans le monde ne souffre pas de remise en question.
C’est bien connu, se questionner c’est déjà se rebeller. Et heureusement, Rambo ne se pose pas de question et, malgré sa définition dans le dictionnaire U.S, il a réussi à faire fantasmer des gens et même à se faire envier.
[Ram⋅bo: a fanatically militant or violently aggressive person.]
Loin du Comédien d'Alan Moore qui, sans questionner, pose néanmoins un regard ultra lucide sur son monde autant que sur lui-même, Rambo incarne pourtant le rêve américain de victoire par K.O.
Il voulait gagner la guerre du Vietnam. Il veut gagner la guerre. D’abord « sa » guerre, celle pour laquelle il a été conçu, celle qui a tué les seuls amis qu’il avait, avant de se rendre compte que n’importe laquelle fera l’affaire du moment qu’il la gagne.
Exporté dans le monde entier et porté par un succès relatif (le III sortant, malheureusement pour lui, après la fin de la Guerre Froide…) Rambo cristallise aujourd’hui, comme les Guignols l’ont traduit, l’image que le reste du monde se fait de l’Amérique.
La tristesse de la chose est qu’il personnifie également aux yeux des américains, l’idée puissamment arrogante qu’ils ont d’eux-mêmes…idée entretenue, bien évidemment, parce que très confortable.
Si l’on regarde Zombieland, vendu comme un Shaun of the Dead à l’américaine, on est obligé de se dire que le concept même de lucidité et de remise en question est étranger à ce pays qui a pourtant vu naître Romero, Carpenter et j’en passe...Sans aller vraiment dans les extrêmes et dire « étranger », je peux me contenter de dire « indésirable ».
Il est clair qu’un gouvernement a tout intérêt à endormir sa jeunesse. Ainsi donc, les personnages de Zombieland ne se comparent jamais, Ô grand jamais aux zombies (ce qui est quand même HALLUCINANT !) et se contentent d’en défoncer…pour ratisser large, on évite le trop gore et hop, le tour est joué !
Si je me suis autorisée cet aparté, c’est parce que ce symptôme d’aveuglement persiste, et que « Zombieland », tout comme Rambo II et III, chérit sa fibre américaine parce qu’on lui a apprit et parce que ça garantit le succès.
America, fuck yeah !
Il manque à Rambo l’humanité qu’il avait dans First Blood. Il manque à ce Captain America, qui n’a d’autre costume que son corps, une personnalité à la mesure de sa carrure, ou même une simple résurgence de son être dans la machine.
C’est là que se pose le IVème et ultime volet à ce jour, crépuscule du mythe, affirmation de l’homme.
Sorti exactement 20 ans après son prédécesseur, JOHN RAMBO témoigne d’une intelligence et d’une vitalité de la franchise qui s’éloigne des concepts grabataires d’une Amérique qui finira peut-être, comme le vieux continent, par se prélasser dans une autosatisfaction puante.
Le titre promettait de remettre le personnage au centre des enjeux scénaristiques et c’est avec brio qu’il y parvient, nous offrant un visage familier, marqué par la blessure du temps, révélant une histoire nouvelle, plus humaine, lucide et hardcore.
Stallone co-écrit une fois de plus le scénario, comme il l’a fait sur toute la saga, et signe la réalisation de cet épisode, succédant ainsi à Ted Kotcheff, George Pan Cosmatos et Peter McDonald.
Fallait-il 20 ans pour attester des méfaits d’une mythologie devenue pathologie, fondée sur des principes délétères ? Peut-être.
En tout cas, il fallait du talent pour arracher à l’inconscient collectif l’homme qu’on a rêvé en premier, qu’on a incarné 3 fois de suite et qui s’est fait rêver par d’autres.
Stallone l’a fait. Il a descendu son avatar du piédestal (ou de l’échafaud, c’est selon…), il lui a bourré le crâne d’une complexité inhérente à l’être humain et lui a ôté ses œillères. « You didn’t kill for your country. You killed for yourself. »
Voix off rugueuse et plus habitée que jamais, qui sonne le glas du patriote.
Qu’on ne s’y trompe pas, JOHN RAMBO n’est pas une œuvre démagogue, cherchant un quelconque moyen de pardonner un boucher qui a la guerre dans le sang.
Non, ce quatrième volet, chant du cygne et phoenix reborn à la fois ne lésine pas sur le gore. Il assume sa violence de bout en bout et sort John du circuit militaire pour le mettre aux côtés des siens : les mercenaires. Sauf que lui ne tue pas pour l’argent. La mise en scène et l’écriture ne nient pas qu’il puisse le faire pour de bonnes raisons (sauvetage d’innocents), mais elles n’empêchent pas non plus de croire qu’il le fasse pour le thrill, comme le suggère, de façon très subtile, la réplique d’un des mercenaires.
Loin de juger les actes carrément sanguinaires de John (moins d’explosions, plus d’hémoglobine !), le film le glorifie cependant bien moins qu’avant. Ainsi, chacun des mercenaires est caractérisé très rapidement, loin des caricatures trop faciles, et effectue une manœuvre d’exfiltration avec une efficacité redoutable. Rambo n’est plus seul au milieu d’une bande d’incapables ou de faire-valoir.
La scène finale elle-même partage sa violence inouïe entre les différents personnages. Même si c’est bien Rambo qui rythme de sa gatling le requiem infernal du film, le wild bunch entier se lance contre la horde ennemie avec une sauvagerie réellement impressionnante. Impossible de ne pas penser à Peckinpah !
Je ne suis pas une petite nature. J’adore le gore et les fusillades au cinéma. Pourtant, je dois admettre que cette boucherie finale s’est révélée particulièrement éprouvante. Quand le silence revient (ou plutôt, quand la musique ressemble à du silence tant les bruits de l’action la couvraient juste avant), on mesure l’ampleur du carnage et le soulagement physique que son achèvement suscite, malgré l’empathie qu’on pouvait éprouver envers certains des mercenaires pendant la lutte.
L’armée quant à elle est tout de même présente dans le film…la junte militaire Birmane constitue l’entité à combattre, mais cette fois-ci, même si la « silhouette » de l’ultime méchant nous apparaît plus d’une fois, on perd l’interaction entre Rambo et lui car il y a plus important à montrer : l’amincissement de cette frontière entre le Bien et le Mal, valeurs émétiques si chères aux américains.
Rambo sait enfin quel homme il est. Il ne demande aucun pardon. Retournant encore une fois aux sources du premier, il parle peu et laisse à Stallone le soin de nous toucher de mille autres manières.
Inversant le procédé d’un Gran Torino, où Clint Eastwood révélait l’humanisme d’un homme qu’on taxe facilement de fascisme vues sa filmographie et son appartenance au Parti Républicain (triste amalgame), Sylvester Stallone démolit un mythe héroïque (pourtant plus fasciste que Dirty Harry par feu son aveuglement écoeurant dans le II et III…)…
Mais comme il est propre aux américains de tout comprendre à l’envers (cf. « Born in the U.S.A » considéré comme une éloge du pays alors qu’elle le défonce dans ses paroles…) on ne s’étonnera plus de leurs réactions, de leurs contresens, de leurs exigences capricieuses ou encore de la merde qu’ils ont dans les yeux.
JOHN RAMBO est un très grand film, qui réussit le pari incroyable – que tant d’autres perdent de nos jours ! – de chatouiller nos neurones autant que notre épiderme et de dévier un fantasme puéril vers une réalité dure, tristement logique et crédible.
D’une sobriété incroyable témoignant de l’humilité d’un Stallone que j’aime décidément regarder, cette œuvre amplifie, en mon for intérieur, le cri perçant de mon âme, qui réclame des hommes, des hommes, des hommes aux richesses insoupçonnées, aux secrets douloureux, aux corps meurtris ou aux mains tendues vers des armes…des hommes à l’identité tranchée, qui peignent sur la toile monochrome d’une société conformiste, faite de concepts, de dieux et de mythes, leur couleur vive, chaude et marginale.
17:57 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.11.2009
Hé les Zombés!
Quand est-ce que vous venez nous bouffer??
Survival of the Dead
(sorti partout déjà, sauf chez nous of course...)
19:56 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09.08.2009
Fire, Walk With Me
Through the darkness of future past/
The magician longs to see/
One chance out between two worlds/
Fire, walk with me/
Il y a quelques jours seulement (pas encore une semaine au moment où j’écris) j’ai découvert le premier épisode de Twin Peaks. L’épisode 00 d’une heure et demie qui a plombé intégralement ma soirée. Comment pourrais-je vous permettre d’appréhender le désarroi qui devait m’envahir devant le simple générique de ce pilote ? Quelle puissante imagination devriez-vous déployer pour comprendre ma tristesse ?
Je ne sais…
Il suffit de peu de choses pour m’intéresser et je n’ai jamais essuyé de quelconque défaite face à un film, où un livre d’ailleurs, qui aurait suscité mon intérêt et qui, pourtant, m’aurait déplu. De fait, je ne suis jamais sortie déçue d’une séance de cinéma à laquelle j’avais choisie d’aller.
Mon attrait pour Twin Peaks remonte à longtemps, du moins au temps où cette série fût éditée en DVD et se base sur les simples images de couvertures de ses deux saisons.
Allez savoir pourquoi, malgré une relative aversion pour Lynch (contre laquelle je lutte activement), Twin Peaks m’attirait inéluctablement et je devais, un jour ou l’autre, poser mes yeux dessus.
Ce qui explique partiellement ma terrible angoisse face à ma première tentative mais aussi ma témérité. Quoiqu’il en fût de ce pilote, hors de question de m’avouer vaincue. J’avais choisie de regarder cette série et par conséquent de l’aimer, hors de question qu’elle ne se laisse pas faire.
Je décidais donc courageusement d’offrir une deuxième chance et de regarder le second épisode.
Je dois bien parler d’échec là encore mais moins désolant. Il est vrai que l’empathie se profilait déjà pour le personnage principal : Special Agent Dale Cooper FBI, véritable source d’eau fraîche au milieu des habitants de Twin Peaks tous plus tarés les uns que les autres…et insupportables pour moi.
De plus, lorsqu’on est habitué à The Shield, et c’est mon cas comme vous l’aurez aisément deviné, on a du mal à se faire à l’idée qu’une enquête criminelle ait pu durer 1h30 dans un épisode et ne soit toujours pas résolue à la fin du 2ème. Bien sûr, je ne blâme pas la série pour ça et je n’évoque que mon ressenti.
De même, lorsque les seules séries qu’on connaît datent des années 60 ou 2000, c’est dur de tomber à la frontière des années 90, si proches des années 80’s !
La musique, les images, un je-ne-sais-quoi répulsif et surtout…surtout…un aspect soap que je n’avais jamais encore expérimenté.
Ah là là là là…Dallas, Dynastie, que n’avez-vous laisser Twin Peaks en paix ?
Mais c’en était fait de moi, j’allais continuer et trouver le moyen de faire un succès de ces visionnages. Encouragée par un ami (qui, je le croyais avait adoré la série, mais en fait non et qui n’a pas tenu !) ainsi que par une délicieuse vision d’horreur d’une des protagonistes, je décidais de profiter de l’écriture agréable du personnage principal (Cooper, pour ceux qui ne suivent pas).
Dieu que j’ai bien fait !
C’est véritablement ce troisième épisode (02 donc) et surtout sa fin onirique qui caressa mon palais du goût délicieux de la victoire.
Les efforts payaient enfin et ce « quelque chose » qui m’avait attiré frappaient enfin mes pupilles.
J’ai trouvé du fantastique (et croyez-moi, quand j’étais dans le soap, je pensais lui dire adieu !) du glauque (celui qui me rend si « hors de portée » des gens qui m’aime lol) et je frissonnais à la fois de peur et de satisfaction au son terrible d’un frottement de vêtement que mon casque diffusait de façon si subtile dans mes oreilles, comme la plus précieuse et la plus dangereuse des musiques.
A partir de ce moment j’ai accéléré la cadence, me rendant à peine compte que j’étais possédée.
Le véritable problème, c’est que la raison de mon attirance à présent assumée, comblée et définitive, me paraît encore brumeuse et m’empêche de recommander Twin Peaks aux plus braves et aux plus fidèles de mes amis cinévores.
Je me prends à rebondir sur Constantine, Don’t Look Now (goddamn creepy red midget !) et même Borgès…mais je ne parviens que très faiblement à mettre le point, dans de rares épisodes, sur ce que je vois, ce que je ressens, ce qui m’enthousiasme et me dévore…
C’est assez curieux…
Quoiqu’il en soit de mes élucubrations, je suis totally hooked...à tel point que j’écris pour ne pas me jeter trop précipitamment sur les derniers épisodes qui me restent et faire durer le plaisir encore quelques nuits…
Y arriverais-je ?
J’ai des doutes…
18:53 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20.05.2009
Scènes d'Anthologie part 04
allez, deux petites pour le vieux sensei.
Yojimbo:
Sword of Doom
17:06 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2009
Scènes d'Anthologie part 03
part 01 et 02 ici: http://myowndeathnote.blogspot.com/2009/05/scene-dantholo...
http://myowndeathnote.blogspot.com/2009/05/scenes-danthol...
bon j'aurai préféré vous mettre la scène du pont mais je la trouve pas :( ...
autre genre, mais culte aussi...
13:31 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.04.2009
Videodrome
Videodrome remaké: nouvelle victime d'une pandémie qui atrophie de plus en plus de cerveaux.
Si j'étais médecin, j'amputerai Hollywood de tous ses membres.
Indépendamment de vous prescrire l'original comme anti-inflammatoire, je peux vous donner ceci à lire: un article wikipédia sur Herbert Marshall McLuhan qui inspira fortement la création du professeur O'Blivion dans Videodrome de David Cronenberg.
Théorie de la communication
L'idée maîtresse que l'on retrouve à travers les ouvrages de McLuhan tient en une seule phrase : «le média c'est le message». Ce n'est pas le contenu qui affecte la société, mais le canal de transmission lui-même. Un exemple simple permet de mieux saisir cette affirmation : l'imprimé est un média, car il permet de transmettre une information depuis un émetteur vers un récepteur. En tant que média, il est plus rapide que la parole transmise de bouche à oreille, par exemple. Mais plus que le gain de temps, c'est la plus grande distance parcourue par cet imprimé dans un laps de temps constant qui importe. Considérons une cité donnant des ordres à ses garnisons via l'imprimé, l'association de celui-ci avec la roue et la route permet de contrôler une région notablement plus vaste. Ce média a un rôle profondément centralisateur : il induit automatiquement une société structurée autour d'un centre donneur d'ordres.
McLuhan situe le message non pas dans le seul sens exprimé par l'émetteur, mais dans la combinaison unique de l'effet message / média (pragmatique de la communication). Ainsi, l'expérience vécue du media utilisé (téléphone, Internet, etc.) est remise en premier plan, subordonnant le message au média, et inversant ainsi la traditionnelle opposition fond / forme.
En énonçant que le média, c'est le message, il énonce entre autres que le fond (l'important) c'est la forme prise par le média (l'effet de la technologie), ainsi que sa combinaison avec son message. Selon lui, les exemples se multiplieront naturellement à l'âge électronique : ces structures se révèleront d'elles-mêmes, permettant de les discerner plus aisément. Par exemple, une conversation identique transmise de personne à personne, par le téléphone ou par le biais du clavardage est vécue différemment selon son mode de transmission.
En outre, le medium utilisé influence considérablement nos sens et, par là même, notre cerveau; à tel point que le contenu même du message peut s'en trouver grandement affecté. Imaginons par exemple qu'en ouvrant un album de famille on y découvre une photographie représentant une jeune fille avec une fleur à la bouche. Jolie photo. Imaginons maintenant la même photo tirée en grand format et exposée dans une célèbre galerie d'art contemporain. Dans le premier cas, on dit: cette photo est sympathique, mignonne,etc. Dans le second cas, on dit: « Vraiment sublime, cette image ! Quel grand photographe! » L'« habillage », c'est-à-dire la galerie et même la signature de l'artiste, nous a grandement influencés par rapport au contenu: une simple jeune fille avec une fleur. Idem pour le goût : une étiquette de Château-Margaux ou celle d'un vin quelconque, collée sur la même bouteille, n'aura pas la même influence sur la dégustation...On "boit l'étiquette"; Le cerveau travaille à notre insu!
Par ailleurs, McLuhan classe les médias en deux grandes catégories. D'un côté, les médias « chauds », qui ne demandent la participation que d'un seul de nos sens. L'information reçue par ce sens étant d'entrée de jeu très riche, la participation du cerveau est faible. De l'autre côté, les médias « froids » qui s'adressent à plusieurs sens et sont plutôt pauvres. Ils demandent de la part du récepteur une participation très importante pour compenser cette pauvreté. Ainsi, à cause de la très grande différence de qualité des images, le cinéma est « chaud », alors que la télévision est « froide ».
Citations
« Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique. »
« Le spécialiste, en effet, est un personnage qui ne fait jamais de petites erreurs en se dirigeant vers la grande. » (Pour comprendre les média)
« La lumière est de l’information sans "contenu" ». (Pour comprendre les média)
« L’imprimé a rendu possible l’unité politique par l’homogénéité pour la première fois. » (Pour comprendre les média)
« La vitesse de l’électricité crée des centres partout ; il cesse d’exister des régions périphériques sur la planète. » (Pour comprendre les média)
« Avant que l’usage du papyrus et de l’alphabet ne provoque la construction de routes pavées et rapides, la ville fortifiée et la cité-État étaient des formes naturelles durables. […] Quand les sources d’approvisionnement en papier firent défaut, les routes devinrent désertes, comme à notre époque pendant le rationnement de l’essence. La cité-État resurgit du passé et le féodalisme submergea les républiques. » (Pour comprendre les média)
« Le nationalisme n’existait pas en Occident avant la Renaissance, alors que Gutenberg rendit possible de voir la langue maternelle en uniforme. » (Pour comprendre les média)
« Et comment réagissent des sociétés conquises et réduites en esclavage dans leur totalité ? Elles ont recours à la même stratégie que les individus infirmes dans une société de guerriers. Elles se spécialisent en se rendant indispensables à leurs maîtres. » (Pour comprendre les média)
site officiel (pour anglicistes): http://www.marshallmcluhan.com/
pour les non anglicistes intéressés par le sujet...et pas trop allergiques à l'accent québécois: http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/medias/dossi...
17:58 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.03.2009
Valse avec Bachir²
Est-ce que vous vous souvenez de la fin de « L'Antre de la Folie »? (dis pas oui Snake, toi je connais ta réponse.)
Ce classique de John Carpenter se terminait sur l'idée du grand nombre qui dicte toute chose...s'il ne reste que des fous, qui pourra vous juger sain d'esprit? La folie changeait donc de terme et devenait la norme.
(Je ne sais pas si ça ressemble vraiment à un spoiler, mais même si vous le prenez comme tel, je pense que vous pouvez facilement l'oublier. N'oubliez pas de le voir par contre, ça c'est criminel ;))
L'idée n'est pas si éloignée de celle sous-tendue dans Valse avec Bachir qui ne surfe pas sur la vague des biopics dont les ricains sont si friands et qui choisi le documentaire, histoire de rendre éloge à nos capacités mentales...oui, on peut encore de nos jours faire un beau film de guerre sans mettre Brad Pitt, Orlando Bloom, Josh Hartnett ou Ben Affleck (mon dieu...mémorable Pearl Harbor!) dans la peau des personnages principaux.
En choisissant l'animation, Ari Folman a réglé définitivement la question. Je n'ai pas trop saisi, dans les bonus du DVD, la raison pour laquelle il a pris ce parti artistique...mais bon, moi j'en ai une qui me va très bien, j'y viendrai plus tard.
On rebrousse un peu chemin dans le bordel de ma pensée, disons que c'était la « fin de l'intro chaotique » et on repart sur de bonnes bases.
Je vous donne le synopsis au dos de mon DVD:
« N'ayant aucun souvenir de son expérience lors de la 1ère guerre du Liban au début des années 80, Ari Folman décide de partir à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Au fur et à mesure de ses rencontres, Ari plonge dans le mystère et sa mémoire commence à être parasitée par des images de plus en plus surréalistes. »
Valse avec Bachir présente une galerie de témoignages, tous plus subjectifs les uns que les autres et reconstitués sur la voix off des intervenants qui, par ce procédé, glissent lentement au rang de personnages...peut-être pour le grand malheur d'Ari qui cherche des réponses...des certitudes, des faits: « Est-ce que j'étais avec toi? Sur quel bateau sommes-nous partis? ».
L'évidence est pourtant là dès le début, quand les chiens de l'enfer sont lâchés à la poursuite de leur assassin, au crime vieux de plus de vingt ans: il n'y a pas de faits, pas de réalité, juste un ressenti...
c'est lui qui impressionne la mémoire et ponctue fatalement chaque fin de phrases de « je ne sais plus » et chaque séquence d'hallucinations, de rêves parfois si subtils que, si l'on cherche le « vrai » du « faux » on peut facilement s'y perdre. Mais pourquoi chercher le vrai du faux, nous, étrangers à cette histoire? L'hallucination qu'a Carmi Cna'an sur le bateau du départ est bien vraie, il l'a vraiment eu et c'est suffisamment honnête pour construire le pilier de base du 7ème art: l'empathie.
Le problème apparaît au fur et à mesure et se résous à la fin, comme dans tout bon récit: personne ne semble se rappeler, ou ne veut évoquer, les massacres de Sabra et Chatila. Nous ne sommes évidemment pas dans le déni de ces évènements mais l'insistance d'Ari dans ses recherches débouche sur l'importance de cette quête première et du travail de mémoire essentiel.
Big deal, vous allez me dire. C'est vrai, on sait que c'est essentiel de savoir ces choses là, pourtant, on ne les apprend pas pour autant. Et même si on les apprenait, il y a mille façons d'absorber une information, et parmi ces mille là, je ne sais combien peuvent la détourner...(il suffit de voir combien d'Américains pensent avoir gagné la guerre du Vietnam...)
On sait que c'est essentiel mais ce film « documentaire » se penche pourtant plus sur l'intimité de personnage face à l'Histoire qu'à l'Histoire elle-même...ce qui ne me dérange aucunement d'ailleurs parce que l'Histoire ne s'écrit pas toute seule...mais la résolution du problème s'approche et s'éloigne sans cesse, parfois vêtue de mots, d'autres fois lourde de silence...jusqu'à ce que soit rompue toute attente et toute fiction. Le contrat signé dès l'ouverture dans l'écume de ces chiens chimériques se déchire brutalement et avec lui s'effondrent la beauté, le confort des images, du mouvement et de mille musiques pour nous confronter à des images vierges de tout récit.
Ce n'est plus un témoignage ou une hallucination. Ce sont des images filmées, caméra épaule tenant la pose devant des corps inertes, assombris sous la poussière des débris, démembrés sous les effondrements, sanguinolents, massacrés...
Quoiqu'en dise Ari, l'animation de tout le film est un écrin qui révèle la puissance de ces images finales, lesquelles n'ont ainsi nullement besoin d'emphase et nous frappent de plein fouet avec le « grain de réel » de Bonitzer si évident sur des images d'archives...je m'en rappelais encore il y a quelque jours, alors que j'attendais le DVD...j'avais fondu en larmes dans la salle de cinéma et mes copines ne savaient plus quoi faire...
Les bonus du DVD sont peu nombreux et très courts (c'est pas grave cela dit, personnellement je les regarde jamais! Mais j'me suis dit que pour une fois j'pouvais faire un effort) et Mr Joseph Bahout, sommité en matière de science politique libanaise, conclut son entretien sur le sujet de l'amnésie collective. Il affirme que, au Liban, ce n'est pas une page qu'on aime à relire...pour toute sorte de raisons dont certaines n'ont rien à voir avec une culpabilité quelconque...
L'avantage de ces films là, c'est qu'ils tombent toujours au bon moment...
Son intérêt ne relève pas seulement de son sujet mais aussi de sa capacité à lier les concepts Vertov-Eisenstein sur le "faux" débat de la fiction et du documentaire.
Enfin, Valse avec Bachir est important, je pense que vous l'aurez compris...il ne faudrait pas que la norme devienne l'ignorance ou l'obscurantisme...qui, alors, pourrait nous juger sain d'esprit?
(faut couper la musique sur la note précédente avant de mater la BA.)
17:39 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.03.2009
Valse avec Bachir
Un peu avant mon ami George (qui humainement a la classe...moi je préférerai avoir sa classe que la mienne...) je me suis légitimement demandé ce que www.chezlesfilles.com venait faire sur les "pointsdesuspensions"...c'est vrai...les filles n'ont-elles pas toujours plein de choses à dire? ne sont-elles pas beaucoup plus ferventes du point d'exclamation et du cœur sur les "i" que de la pensée errante entre les trois petits points?
La curiosité m'a donc gagné après les funestes minutes qui me renvoyèrent à ma condition et j'ai écrit un mail à Suzanne.
J'étais loin de me douter qu'elle allait m'offrir quelque chose...et si j'avais du le prévoir, ou imaginer que ce serait un film, j'aurai pensé à Sex in the City (ou Sex and the City, j'arrive pas à me rentrer dans le crâne lequel est le bon...mais j'm'en veux pas du tout) et j'aurai vomi dessus voir si ça fait beau entre les rayons irisés du DVD...
Or, c'est Valse avec Bachir que Suzanne offre gracieusement aux bloggeurs et bloggeuses par le biais de chezlesfilles.com...
Incroyable, agréable révélation. J'espère que ça répond à la question de George: que font "les filles" ici? Bah...elles m'offrent un super film!
J'en étais la première surprise...ça c'est clair, moi qui passe mon temps à casser du sucre sur le dos des gonzesses voilà qu'elles m'achètent! lol
Je suis faible sous un bon film...tellement faible...je réunie donc mes bons souvenirs de ce petit bijou, découvert lors du printemps du cinéma (...ou fête du cinéma...) l'an dernier.
Valse avec Bachir est un documentaire autobiographique d'animation qui met en scène Ari Folman, le réalisateur, israélien à la recherche de ses souvenirs de guerre...et plus précisément de ceux qu'il a occulté face aux massacres de Sabra et Chatila dont il a été témoin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Sabra_et_Chatila
Je voulais parler du film avant de le remater...mais je me heurte moi aussi à de nombreux oublis...dus à ma mémoire défaillante et non à un blackout de mon subconscient...
Peu de choses me reviennent à présent malheureusement...sinon un sentiment global de honte causé par mon ignorance sur cette guerre et ses acteurs, une beauté de l'animation et du traitement...cela dit, j'aimais les films de guerre avant Valse avec Bachir et... que ce soit un soldat dansant – au sens propre- sous une pluie de balles, Elias levant les bras au ciel sur « l'Adagio for Strings » ou Willard remontant un fleuve immense jusqu'"Au Cœur des Ténèbres"...je trouve toujours ces films magnifiques...
Malheureusement, je ne suis toujours pas dotée du talent de mon compadre George qui détient le squelette d'un film en un seul « visionnage » et peut le briser, puis le recomposer instantanément.
Il m'en faut beaucoup pour moi, toutefois j'arrive depuis quelque temps à extraire le cœur du film, de mon film, dans ceux que je regarde et même si je ne comprends pas d'un coup comment il marche, je sais qu'il va me dire telle ou telle chose.
Etrangement...ou plutôt ironiquement, je crois que Valse avec Bachir me disait de me souvenir de lui...puisque ces souvenirs historiques ne devaient plus jamais se perdre...malheureusement, il faut bien le reconnaître, je n'ai jamais entendu de parler de cette guerre à l'école et ne crois pas non plus connaître beaucoup d'autres films qui l'abordent.
Comme Ari, je n'ai plus que quelques images dans ma pauv'tête déglinguée...faut peut-être que j'arrête de mater autant de films, même les meilleurs survivent mal sous les couches des autres qui s'accumulent et s'accumulent et s'accumulent...
En attendant une note digne de ce nom, avec mes neurones et mes synapses tournant à fond les ballons (si c'est encore possible!), je vous invite...non, je vous oblige à aller lire cette note absolument géniale de mon « brother in arm » George...ou Snake...ou Kovacs...ou « Alias-whatever-you-please » ;)
http://www.myowndeathnote.blogspot.com/
Lui, on sait ce qu'on lui offrira quand ça sortira en DVD!! ;p
18:14 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.02.2009
Last Pillar of Heaven
Découvrez Bruce Springsteen!
chers amis, si vous êtes toujours là après cette longue absence, vous ne le regretterez pas, car je m'apprête à vous révéler quelque chose d'extraordinaire.
L'année 2008 a vu mourir The Shield avec panache et beauté à tel point que 2009 m'angoissait...allais-je arpenter de nouveau les salles obscures paisiblement ou péniblement?
Et bien...il semblerait que 2009 commence plutôt bien, contre toute attente! Bien sûr il faut slalomer avec agilité entre les mille bannières oppressantes de Benjamin Button, Twilight et Les Noces Rebelles entre autres (putain...ce titre me fait toujours exploser de rire...je vois un mix entre "La ferme se rebelle" et "Les noces Funèbres"...ce qui donnent en gros des poules et des vaches vertes et bleues qui chantent!...bref...).
Si vous passez entre ces choses là alors c'est que vous êtes comme moi...vous économisez votre argent pour un film qui en vaut vraiment le coup...et Dieu sait qu'à 9euros, il a intérêt à vraiment valoir le coup.
Et bien, il y en a deux, en ce début d'année qui s'apprêtent à frapper de nos écrans d'une lumière divine.
Le premier, croyez le ou non, sors de chez Warner Bros. Oui, c'est bien la même boîte qui dépossède Alan Moore de ses droits et pioche allègrement dans DC Comics pour faire joujou, mettant en avant Zack "Snydick"/Snyder pour faire de Watchmen un film d'action au scénar tout pourri caché derrière mille effets spéciaux tellement hype.
Donc, vous vous en doutez, je ne parle pas de "Watchmen" (que je n'irai pas Watch pour ma part, ordre de mon médecin généraliste...) mais de tout autre chose...
mais alors, radicalement autre.
Ouvrez bien vos esgourdes les amis, voici la première révélation: GRAN TORINO.
Dernier bijou poli d'une main de maître par le dernier pilier de ce Hollywood tout désséché: Clint Eastwood, vétéran de l'âge d'or Hollywoodien qui transporte à travers les années l'amour de son art, celui de raconter des histoires, des très belles, et de le faire bien.
Comment dire...Gran Torino, vous pouvez y aller les yeux fermés, tout y est, et tout y est maîtrisé, complet, abouti, sobre, simple, parfait, efficace.
Il n'y a qu'une chose que vous ne trouverez pas, c'est l'esbrouffe. Vous n'aurez pas 70 morceaux qui transforment les scènes en clips, mille effets spéciaux cache-misère ou 50 ralentis par séquence histoire de rallonger le film pour vous donner l'impression d'en avoir eu pour votre argent.
Vous en aurez pour votre argent de toute façon.
Petit résumé, vraiment très succint:
Vétéran de la Guerre de Corée quelque peu raciste, Walt Kowalski reprend les armes pour ramener l'ordre dans son quartier, tandis qu'un gang menace la famille Hmong qui habite à côté de chez lui...
Clint y campe donc Walt Kowalski magistralement, comme à son habitude, et le temps à beau passer sur son corps et sa voix, il laisse son talent absolument intact, c'est magnifique à voir.
Par chance, j'ai vu Impitoyable il y a quelques jours seulement et il y aurait plusieurs liens à tisser entre ces deux oeuvres mais je ne vais pas vous spoiler quoi que ce soit: allez le voir, c'est tout. ^^
Le deuxième film c'est THE WRESTLER.
C'est Darren Aronofsky à la réal, mais ce n'est pas tellement ça qui importe puisqu'on est très loin de "Requiem for a Dream" et de son montage épileptique ou de The Fountain et de ses bêêêêêêêêêêêlles images. Mind you, on est aussi infiniment loin de Hugh Jackman puisque c'est Mickey Rourke qui dévore littéralement l'écran pour nous mordre à la figure.
Vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal. Juste un peu mais rien d'insurmontable.
Ce qui fait mal, c'est la vie de ce mec là, Randy the Ram catcheur au bout du rouleau, vivant uniquement dans le passé, dans ce temps où il n'avait pas à faire un boulot de merde, où c'était une véritable star.
Résumé:
Dans les années 1980, Randy "The Ram" ("Le Bélier") Robinson était une star du catch professionnel, mais il est peu à peu redescendu de son Olympe. Pendant un match sans envergure, il endure une crise cardiaque ; un médecin lui explique qu'un autre combat lui serait fatal. Il décide alors de se ranger définitivement, prend un petit boulot dans la restauration, s'installe avec une strip-teaseuse vieillissante et tente de se lier avec le fils de cette dernière. Mais la perspective d'un dernier affrontement avec son plus grand adversaire, l'Ayatollah, se présente à lui.
C'est vraiment Mickey Rourke qui porte le film et habille son personnage de sa peau et de sa gueule presque irréelle.
Je pourrai parler des heures de ces deux films, surtout qu'ils ont tous les deux une qualité que j'aime par-dessus et qui fait selon moi l'étoffe des chef d'oeuvre: ils ont un lien direct étroit avec la réalité...que ce soit Mickey Rourke avec Randy the Ram ou Gran Torino avec Impitoyable, Clint avec les personnages qui ont fait sa célébrité...j'aime tellement quand un film sort de son territoire et s'étend à un passé, un futur, un présent qui nous appartient, ou qui appartient à d'autres...
Mais je vais attendre que vous alliez les voir...
en tout cas, j'ai envie de remercier encore mon buddy sans qui je n'aurai pas vu Gran Torino avant un bon moment. Thanks mate...parce qu'avec Tropic Thunder d'un côté et Madagascar 2 de l'autre, j'suis pas aidée dans mon entourage!
19:28 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
23.08.2008
DANCE!
Après avoir donc réussit à vaincre l'épuisement que provoquait en moi le visionnage de Planet Terror, j'ai décidé de me changer les idées sur youtube.
Je venais de remater Singin' in the Rain pour la millième fois quelques jours plus tôt, ce qui influa indubitablement sur les mots-clés que je tapais (à savoir "Moses Supposes"). Ce n'est pas cette performance là que je tiens à vous montrer, mais plutôt celle, bien plus incroyable du grand Gene faisant un numéro avec des patins à roulettes aux pieds...
Admirez...
(et moi qui croyais quand j'étais gamine qu'on avait forcément l'air con avec ces patins là...)
It's Always Fair Weather
04:10 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
