Synopsis:En 1902, John McCabe arrive à Presbyterian Church, un epetite ville de l'Ouest américain, pour ouvrir saloon et bordel. Mme Constance Miller, une prostituée, lui propose son aide et son expérience en échange d'une partie des bénéfices. McCabe accepte, mais le succès fait des jaloux...
Altman, ça fait longtemps que je l'aime...et ça fait longtemps que Short Cuts est dans le top 5 des films qui m'ont fait aimer le cinéma. Il est pile poil entre Keitel et Cassavetes dans "ma" chronologie.
De façon assez logique (pour des raisons affectives mais qui m'ont toujours parues justifiables de n'importe quel point de vue extérieur) Short Cuts fût toujours sur un piédestal alors que j'avançais à tâtons dans la filmographie du grand monsieur...ben oui, triste à dire, mais pas mal de ses films ne se trouvent (toujours) pas facilement.
Or, il y a quelques jours, j'ai posé les yeux sur McCabe and Mrs. Miller et cette scène d'ouverture.
Mais peut-être...attendez...on reprend.
Robert Altman donc...Short Cuts, M*A*S*H, Le Privé (The Long Goodbye), The Player (j'vous mets là les 4 qu'on trouve plus facilement).
Un amour inconditionnel de ma part pour un homme qui filme des personnages (pas des héros) plutôt que de suivre une linéarité triste et souvent surprise d'un récit. Un Altman, ce sera forcément plein de gueules, de brouhaha...le tout baignant dans une atmosphère propre à ce réalisateur.
Ca paraît débile ce que je dis, et ça l'est sans doute puisque l'avantage des grands cinéastes est effectivement d'avoir leur patte...
Mais ce que j'veux dire c'est qu'on peut reconnaître un Altman par l'ambiance d'un film, plus que par des répliques par exemple.
M*A*S*H fait l'effet d'un fim drôle, pourtant, il n'y a pas de "blagues". C'est une "ambiance" drôle...le speaker désastreux, les looks
des persos...
bref, je vais pas m'éterniser, si vous avez vu du Altman, vous voyez où j'veux en venir.
McCabe and Mrs. Miller n'échappe pas à la règle.
Mais il a un outil majeur à son service: La musique de Leonard Cohen.
3 morceaux constituent les thèmes de personnages, et celui que vous écoutez normalement en ce moment soutient avec force le fragile John McCabe.
(Winter Lady est le thème de Mrs. Miller et Sisters of Mercy celui des prostituées.)
Le film s'ouvre sur John McCabe, à travers le pluie et la boue alors qu'il atteint Presbyterian Church...entre village et lieu-dit, l'endroit n'a rien d'autre qu'un saloon, quelques lits, un pont pour traverser son lac et...une voie de chemin de fer à ses côtés. The Stranger Song résonne et il ne faut pas longtemps pour comprendre que la poésie magique de Cohen a tout à voir avec la puissance crue de Robert Altman.
Jamais un Western ne m'a paru aussi sale et noir...faibles lumières, problèmes d'hygiène inhérents au contexte, histoire dénuée d'héroïsme...et tout simplement de héros. Mais rarement auparavant ai-je vu un western aussi beau.
Altman ne fait pas d'histoires d'amour en général, et quand il y en a dans ses films elles sont uniques de par le caractère absolument anodin qu'elles portent en elles.
On ne peut pas dire qu'il y en ait "vraiment" une ici, ce qui est certain en revanche, c'est qu'Altman aime ses personnages (bien qu'ils soient tirés du roman que le film adapte) et bien malin qui pourrait dire s'il y a un méchant dans ce film.
j'suis vraiment une brelle punaise! j'ai l'impression de m'emmêler les pinceaux, et je ne sais pas du tout comment vous donner envie de le voir.
Je pourrai vous dire que du Cohen sur un immense tapis de neige c'est absolument magnifique...ou je pourrais me taire et aller fouiller sur le net pour vous trouver une vidéo...
en fait c'est ce que je vais faire.
P.S: bon, j'suis désolée, hautetfort ne semble plus vouloir m'espacer mes paragraphes...ça fait un gros paquet pas franchement attirant à la lecture, mais bon, regardez la vidéo en tout cas!
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