21.06.2007

Cannes day 4

 

For Quadra and Elifaust 

19/05/07

 

Ma journée ne commence pas très bien...je n'ai qu'un seul oeil qui voit bien, et, ce qui ne doit pas arriver arrive: je perds une lentille.

 

Organisée et prévoyante comme je suis, j'ai pris soin de laisser mes jeux de rechange et mes lunettes à la maison...à quelques 12 heures de route donc.

 

Le pire c'est qu'elle a vraiment tout simplement disparue! La veille j'avais mis les deux dans leur étui avant d'aller me coucher et au matin, l'une d'elles s'était fait la malle!

 

Bon...adepte du Think Positive, il en faut quand même plus pour me mettre hors de moi.

 

14h16. Mon mp3 sur les oreilles (qui s'effrite de toutes parts...j'en laisse des bouts irrécupérables sur le trottoir!), j'attends l'ouverture d'un Krys. Gil et Jean-Pierre, les seuls badgés, sont partis chercher des invitations pour Nathalie et moi.

 

[à Cannes, lorsqu'on est badgés, on n'a pas besoin d'invitations pour les films...avouez donc que c'est curieux que SEULS les gens badgés puissent aller en retirer! De même, et ça c'est encore plus aberrant, il faut être badgés pour aller se faire faire un badge! Bah oui...même au bout de 60ans y a quand même des trucs un peu bizarres.]

 

J'attends donc que l'opticien ouvre et sauve mon festival. Au-dessus d'un restaurant, non loin de là, une batterie se fait entendre avec plusieurs rythmes hasardeux.

 

Bon...j'ai un peu de temps à tuer avant 15heures et comme je me trouve devant un «marché», autant aller regarder un peu avec mon oeil unique.

 

De l'argenterie, des bijoux, des livres, des exposants...ce qui me frappe avant tout est la gravité et la dureté sur les visages des marchands. Je suis très mal vue avec mon caméscope et il n'en faut pas plus pour m'intimider (de toute façon, j'ai qu'un oeil! Alors pour la mise au point, ce serait franchement trop galère!) L'appareil photo passe un peu mieux et seuls deux petits vieux me paraissent chaleureux. Je les prends en photo de loin en zoomant avant de venir au stand et de discuter un peu avec eux.

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C'est là que j'ai compris que ce n'était pas un marché, mais un vide grenier et que la plupart des gens présents sont des cannois...lui-même ne tient pas particulièrement les cannois dans son coeur. [c'est une chose qu'on entendra plus d'une fois tout au long du festival.]

Je regarde les tableaux et tombe amoureuse de celui-ci:

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Le temps file, je reviens à ma place et constate qu'une guitare tout aussi...laborieuse que la batterie s'est ajoutée à la « musique dans l'air ».

 

Tout d'un coup me reviennent en mémoire les piètres prestations musicales qu'offre Cannes (du moins pendant le festival). Okay...autant pour le cinéma, ça gère...mais alors la musique! AU SECOURS!

 

Je me rappelle les cocktails sur les plages privées qui engagent des groupes vraiment mauvais (pardon pour eux) et qu'on entend lorsqu'on long la croisette. Je pense à ma région si pleine de musiciens de grande qualité à ses quatre coins.

 

Le Krys finit par s'ouvrir. J'y rentre en courant et m'arrête soudainement lorsque j'entends un morceau de Cymande, exactement le même que j'ai dans mon mp3. Je regarde l'opticien avec un grand sourire.

 

« C'est marrant, j'adore cette musique!

_J'vous demande pardon?

[Ben oui...c'était juste mon mp3 dans mon sac! Et comme j'ai l'habitude d'écouter les trucs que j'adore à fond, j'avais l'impression que c'était dans le magasin...]

 

bref, par miracle, ma correction est disponible (ça j'avoue que j'ai toujours trouvé ça incroyable...avec toutes les corrections possibles qu'il peut y avoir comment est-ce possible que les opticiens les aies toutes???...ils ne doivent pas les avoir toutes...)

 

je continue d'errer dans les rues en me rappelant qu'il y a une conférence ou quelque chose du genre à la Fnac à 16h...j'y retourne donc largement déçue puisque c'est en fait une séance de dédicace d'Alain Chabat et d'Eric Lartigaut à l'occasion de la sortie en DVD de Prête-moi Ta Main.

 

Un rapide coup d'oeil sur les Calvin & Hobbes, les Corto Maltese...et j'entend le dernier Bjorn Berge! Petite conversation avec un vendeur de la Fnac très rigolo...mais comme le prix des lentilles m'a un peu calmée quand même, je repars les mains vides après un coup de fil de mon père.

 

On se retrouve dans un petit bar et Nathalie et moi, déjà aux anges, recevons nos places pour U2 3D.

 

Projection 22h30. Théâtre Lumière. Tenue de Fête. (donc pas smoking ni robe de gala exigés!)

 

Pour rendre mon bonheur encore plus exquis, le cinéma de la plage diffusait La Leçon de Piano à 21h00.

 

Donc Nathalie et moi nous sommes fait une bonne injection de Keitel avant de rejoindre les gens à côtés des marches rouges, avec notre invit' et nos étoiles déjà plein la tête.

 

[Gil et Jean-Pierre puisqu'ils étaient badgés, ne faisaient pas la queue au même endroit que nous].

 

Alors qu'on attend l'ouverture, on constate qu'une sono est en train d'être montée en haut des marches...

puis une batterie est installée...

 

...

...

...

 

Oh My God. La rumeur est unanime au coeur des gens qui attendent: U2 va venir jouer. J'en tremble de partout. La sono fait monter l'adrénaline en nous faisant un petit medley de morceaux d'un de mes groupes favoris (vieux albums surtout).

 

Sur l'écran j'admire Javier Bardem complètement déchaîné qui chante et hurle sur les morceaux qu'on entend. J'adore ce type, j'adore sa gueule, puis il a l'air trop cool.

 

Puis une voiture officielle.

 

En sorte Bono, The Edge, Adam Clayton et Larryu Mullen ainsi que Catherine Owens. Ils montent les marches. Et U2 prend les instruments et nous libère enfin de l'attente avec un Vertigo qui détonne.

 

Le groupe de smoking parmi lequel j'étais me regarde un peu bizarre alors que je hurle comme une tarée, je saute...bref...je fais chier tout le monde puisqu'on était tellement serré que normalement on en pouvait pas bouger!

 

Le second morceau est mon préféré, et...je crois que je l'ai fait savoir à tout le monde! Lol

 

« Where the Streets Have no Name »...rah là là là là là là!

 

Là ça se passera de mots!

 

Les vigiles ouvrent les barrières et la voix off insiste sur le fait que 2400 privilégiés ce soir vont voir assister à quelque chose d'incroyable.

 

On entre dans le Théâtre Lumière...il est 00:15. On récupère les lunettes. [bah oui parce que c'est un concert de U2 projeté en 3D.]

 

Nathalie et moi nous trouvons au balcon, ultra bien placée, pile poil au milieu. On regarde l'écran [qui diffuse la montée des marches] en guettant Gil et Jean-Pierre.

 

Nathalie est un peu plus loin dans le même rang que moi et je me retrouve entre une Canadienne d'une quarantaine d'années qui vit à Los Angeles et avec laquelle je discute.

 

C'est une fan de U2 et de Bono surtout dont elle admire les engagements et les actes. Elle a vu le groupe plusieurs fois en concert.

 

Je lui parle un peu de mon appréhension, parce que c'est vrai que je ne vois pas bien l'intérêt de regarder un concert, surtout de U2, assis confortablement dans un fauteuil...comment est-ce qu'on va sauter ou danser?

 

Elle rigole et dit que ça ne la dérangera pas si je saute et que je danse.

 

Gil et Jean-Pierre nous rejoignent et s'installent non loin de nous.

 

A ma gauche se trouve un homme habillé en smoking, plutôt d'une soixantaine d'années quant à lui accompagné de sa femme à sa gauche à lui. Il peste contre la jeune fille devant lui qui ne s'adosse pas à son siège et qui lui gâchera donc un bout de l'écran. Puis il discute avant de sa femme avant de faire finalement au phrase à l'imparfait du subjonctif et d'ajouter « maintenant je peux aller en prison. »

 

Je le regarde curieusement et il m'informe donc qu'une très vieille loi (à ce jour pas abrogée) interdit l'emploi de ce temps. On discute de tout, de rien, de mon bac L et de ses études de droit.

 

En fond sonore, on entend (et voit aussi) une multitude de gens appeler des potes.

 

« Hey! Tu devineras jamais où je suis? Quoi il est minuit passé? Devine où je suis? Je suis à un concert de U2 mon vieux! »

 

Plein de gens sont debout et essaie de regarder en bas (le groupe et la réalisatrice se trouvait dans l'orchestre of course.)

 

Et d'un seul coup j'me sens vraiment comme à un concert. Tout le monde discute, fait connaissance. Il y a beaucoup de bruit et une chaleur extrêmement rassurante.

 

Thierry Frémaux arrive et nous demande de tous mettre nos lunettes pour faire une photo souvenir.

 

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Il présente tous les gens connus dans la salle et à mon grand plaisir Wim Wenders est présent. Alors qu'il prononcent les noms des membres du groupe, la foule se met à hurler, promettant une vive ambiance pendant le...le...disons « show ».

 

Le film commence. Il est 1h10.

 

La première sensation est incroyable (les autres aussi, mais la première surprend vraiment). Les lettres du générique apparaissent et on pourrait les toucher. Les gens hurlent de joie de nouveau. Le groupe apparaît comme s'il était à 5centimètres. On n'a pas cessé de s'émerveiller de ce prodige. Les images sont sublimes, la scène de U2 est magnifique, la prestation énorme, les couleurs incroyables...

 

Les bras levés du public semblaient si proches de moi que je ne savais même plus si c'était dans l'image ou réellement la personne dans le siège devant qui levait les bras. De même, mes hurlement de fin de morceaux ou pendant les solos me semblaient tantôt être ceux du publics « diégétique » lol et tantôt celui de la salle...alors que c'étaient tout le temps les deux!

 

A ma grande surprise, mon voisin de gauche chantait lui aussi, comme nous tous, sur Sunday Bloody Sunday et les autres tubes.

 

Oui, c'était vraiment plus un concert qu'un film. Parce que le public était largement composé de fans et venait voir un concert. Quand le public du concert allumait des briquets, nous allumions nos portables pour les agiter et la lumière des écrans était très jolie à voir dans la salle toute noire.

 

THIS IS JUST MAGIC.

 

Le show dure à peu près 50 minutes.

 

En sortant, on est tous encore plus fous qu'à l'entrée. Nathalie est en larmes, elle pleure de joie et n'arrive plus à s'arrêter.

 

L'ovation dure un très long moment.

 

On sort. J'appelle ma mère. Jusqu'à épuiser quasiment l'entière batterie de Gil.

 

Retour au bungalow. Impossible de dormir, impossible de dormir, impossible de dormir.

 

Et je suis heureuse qu'une journée qui commençait plutôt mal, se termine si bien.

 

 

   

 

Commentaires

HEY hautetfort!!! pourquoi mes photos sont si petites?!

grrrrmffff! @!#"&*!

Ecrit par : Ancetta | 21.06.2007

Ah U2... Cette fois, c'est toi the lucky one. Deux de mes morceaux préférés parmi les récents, Please et Sometimes You Can't Make It On Your Own...

Ecrit par : Quadra | 23.06.2007

U2...En mini-concert....A cannes....Gratuit (ou presque)....Là, telle que tu me vois, je suis en train de hurler des NNOONONOON !!!!! Sur les genoux avec le ciel qui s'ouvre en deux et tout et tout. Ben écoute, à défaut de les avoir vus, je lis et relis avec un sourire jusqu'aux oreilles ce billet en imaginant la salle, le concert et The Edge. Allalalalalala !!! Je t'adore, même avec un oeil en moins !!!!

Ecrit par : elifaust | 01.07.2007

Quadra>mmmmhhhh....nan, j'crois que ma frustration n'a pas de remède et que tu es quand même le plus chanceux de nous deux!
Ils ont fait la deuxième cependant...(dans le film je veux dire.)

Elifaust> t'inquiète mon oeil est revenu donc je suis plus un monstre ;)
j'ai filmé un tout petit bout (ben oui, je pensais pas qu'ils nous autoriseraient à tout garder dans la salle donc j'ai fini ma batterie avant!

et puis, désolée, j'ai plus de connexion depuis un petit moment donc...ben la suite se fera attendre, désoléééééééée!

bisous à vous deux!

Ecrit par : Ancetta | 02.07.2007

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