16.12.2009

America, Fuck Yeah!

[note pour Quadra: ah je t'avais prévenu! c'est long!!!]

 

Mille hésitations ont précédé le choix de ce titre pour une note que je voulais personnelle, heureuse et optimiste, malgré le désenchantement et le crépuscule salutaires dans lesquels elle s’engouffre.

Ainsi donc, cet intitulé arrive après "Les Ruines Circulaires" où je me serai acharnée à tisser des liens entre mon sujet et le protagoniste de cette nouvelle, qui rêve un homme avant de comprendre que lui-même est rêvé par un homme.

 

J’ai aussi pensé à "Is Anybody Winning ?" qui clôt un refrain mais ouvre sur l’univers ou encore à quelque chose de plus pompeux du genre : « le mythe hégémonique »…nan j’ai pas vraiment pensé à celui-là…pas comme titre en tout cas, c’est rebutant, non ?

 

Anyway, après d’autres désirs avortés, here we are: America, Fuck Yeah!

 

Dans les faits, je ne vais pas gloser sur Team America, Police du Monde auquel je me permets d’emprunter l’hymne, qui colle si bien au sujet, mais plutôt tenter de parler d’un homme qui rêva un homme et qui fût rêvé, d’un vainqueur qui perd peut-être, d’un action man devenu le mythe hégémonique de la plus grande puissance mondiale: John Rambo.

 

Vaste programme.

 

Tout d’abord, si certains parmi vous ne les ont pas vus, passez votre chemin ou vous allez sérieusement vous faire chier parce que j’ai pas l’habitude de faire dans le raccourci…ni dans le spoiler au demeurant mais là, comme les 3 premiers opus ont 20 ans, je pense que je n’aurai pas de scrupules à en parler librement.

 

En tout cas, vous voilà prévenus.

 

Ca ne fait qu’une semaine, deux maximum, que j’ai découvert Rambo. Impossible de ne pas le connaître de réputation, surtout quand on a grandi avec les Guignols de l’Info qui grossissaient le trait d’un personnage/entité, déshumanisé, pour n’en tirer qu’une caricature face à laquelle quelques jeunes de mon âge ont succombé à ce jour, jusqu’à ne plus voir en Stallone qu’un Captain America indigne d’intérêt, sinon humoristique.

 

Tétanisée à l’idée de perdre la « mémoire de nos pères » et de patauger dans l’ignorance face à des décennies aussi prolifiques que les 80’s – peur justifiable quand on sait que mon rêve de gosse était de devenir une encyclopédie ambulante du cinéma…aïe…- j’ai donc recherché activement les Rambo essuyant de cuisants échecs. Quelques amis me rirent au nez poliment, d’autres ne me les proposaient qu’en VF…ayant vu – et adoré – le premier Rocky il y a 1 an, dont la douceur du « Adrienne ! » m’avait presque choquée vu les cris forcenés par lesquels les gens me l’avait précédemment « imité » avec force rires et consternation, vous comprendrez que je tenais à voir les Rambo en VO.

 

Je crois que c’est dans le numéro 1 d’Impact, en kiosque en ce moment, que j’ai lu combien la VF de l’acteur body buildé plombait, encore aujourd’hui, l’image du personnage…tu m’étonnes ! Maintenant que j’ai fait le test, je confirme…

 

Quoiqu’il en soit, l’attente fût longue, mais j’ai fini par obtenir un joli coffret, prêté par un ami moins influençable que d’autres et résistant à l’obscurantisme artistique intronisé dans nos étranges et lamentables lucarnes comme nos « Pâté, Golmon » et autres Complexes gastronomiques qui pensent encore que les films sont uniquement faits pour accompagner le dessert.

 

Bref, trêve de « gloseries » vainement méchantes et plus de substance.

 

Rambo I est à mes yeux un véritable chef d’œuvre. Ceux qui me connaissent savent que je n’existe que pour arpenter les extrêmes, et jamais les lignes du milieu…

Donc, chef d’œuvre je dis, puisqu’il n’y a pas d’autre films qui m’aient fait cet effet là.

 

Rambo I, n’en déplaise à ceux, aujourd’hui, qui ne daignent pas le regarder, mérite d’être vu.

 

First Blood (titre original de ce premier volet) révèle des arcanes démentielles sur la construction d’un personnage, de son identité, de son instinct de survie, de son parcours incroyable vers le statut de mythe et bien plus encore…

 

Ce qui est magnifique (ou triste en fait), c’est que malgré son succès, j’ai pu le regarder sans la moindre idée de l’histoire. Je savais seulement que Rambo était un vétéran du Vietnam. On m’avait plus ou moins dit que dans le premier ça se passait aux Etats-Unis, mais je croyais que vers le milieu, on le renvoyait là-bas…c’est dire le peu de cas que fait notre génération d’une quelconque préservation de la culture…ancienne comme récente d’ailleurs…

 

Donc, je regarde Rambo I, et en même temps que je le regarde, je pense, d’une certaine façon, à Predator. Je pense à cet animal (Rambo hein, pas les Predator…) fabriqué par l’armée à des fins peu louables, ainsi déshumanisé pour ne préserver que la capacité de tuer sans problème de conscience, la résistance (tous les animaux ne sont pas résistants me direz-vous, mais Rambo l’est !), l’instinct de survie et l’adaptation rapide à tous types d’environnement…là aussi, sans aucun doute bien plus rapide que celle de n’importe quel animal, mais c’est parce que Rambo n’est pas un animal comme les autres.

 

Déjà, c’est le seul de son espèce. Tous ses anciens compagnons sont morts comme on l’apprend au tout début du film. Ensuite, c’est un animal sorti de son « cadre naturel », la guerre, et qui vagabonde sans autre but que celui de vagabonder.

Il se retrouve traqué par ceux qu’on lui avait appris à défendre, et qui se substituent à ses anciens tortionnaires vietcongs, par le biais subtil de quelques flashbacks très courts, quelques rémanences, lorgnant du côté du raccord esthétique et métaphorique…

 

Ces séquences là, refusant l’emphase sur le passé hardcore du protagoniste, traduisent immédiatement où se situent « les méchants » et il me paraît impossible de voir, en First Blood, une œuvre pro américaine tant le portrait du sheriff (brillant Denehy) est absolument dégueulasse et tant la solitude, le mutisme de Rambo démontrent à quel point l’armée a eu tort de le fabriquer de la sorte.

 

Pourtant, loin de simplifier autant le personnage et de criminaliser son créateur, qui se révèle en fait son seul ami, les auteurs du script (se basant sur l’œuvre originelle de David Morell) mais aussi Ted Kotcheff, le réalisateur de ce premier opus, expliquent les nécessités d’un retour à une certaine animalité qui rend possible une véritable communion avec la nature jusqu’à s’en faire une puissante alliée, garante de notre survie face aux aliénés de la modernisation qui ne comptent que sur leur nombre ou sur la puissance de leurs armes.

 

C’est en ça que Rambo m’évoquait Predator, dans lequel Schwarzy devait, littéralement, se fondre dans le décor pour échapper au radar des Pred et survivre.

 

First Blood m’a aussi fait penser au genre même du survival, que je connais peu, mais dont beaucoup d’œuvres se déroulent en forêt, avec un psychopathe lancé pour X raisons à la poursuite d’un groupe innocent qui tente de lui survivre.

L’une des raisons pour lesquelles le psycho est généralement dangereux réside dans le fait qu’il connaît mieux que les autres le décor dans lequel il évolue…tout dégénéré consanguin qu’il soit…lol

 

J’aimais énormément voir l’inversement ici. Rambo seul dans la forêt, maître des éléments, traqués par 200 tarés qui veulent sa mort. Détruit par une guerre « qu’on a pas voulu lui laisser gagner », le béret vert amène avec lui le Vietnam dans cette jungle de fortune, et détourne sa propre histoire pour gagner enfin. Assumant le rôle d’un Vietcong, inférieur en nombre face aux forces armées belliqueuses, et dissimulé dans les richesses du décor végétal qui devient le sien, John J. Rambo témoigne de la perfectibilité de l'homme capable d'apprendre de ses erreurs, et du besoin viscéral, propre à tout un chacun, de s’accrocher à ce que qu’on connaît et qui nous sied le mieux, quitte à le recréer.

 

Pas besoin d’alourdir les propos, pas besoin de forcer l’empathie, elle fonctionne dès le départ et donne lieu à de forts soulagements quand John estropie un gars ou deux.

Pas besoin non plus d’accentuer le côté « héros » du personnage. Ainsi, on ne sait pas franchement quelle action particulière lui a valu d’être médaillé au Vietnam, la puissance qu’il déploie à survivre force à elle seule l’admiration.

 

Du coup, lorsqu’il s’effondre à la toute fin devant Trautman, son père symbolique, le héros chimérique cède la place à l’humain meurtri, démoli même au point de pleurer, et intime le spectateur de comprendre que la guerre, ou l’armée, ne fabrique pas de héros. (cela dit, elle le pourra dans le II et III...). Elle ne peut annihiler complètement l’homme sous l’uniforme, ni laver les souvenirs, effacer les cicatrices ou soigner les traumas…elle ne peut même pas réhabiliter ses hommes en tant de paix. Elle fabrique des animaux particulièrement menaçants au mépris d’une humanité qu’elle fragilise.

 

Je me permettrais d’ajouter ici, si de quelconques détracteurs de Stallone avaient perdu autant de temps pour arriver jusque là, que Sly déclame son texte avec un talent hallucinant et une émotion si poignante que j’en avais le cœur serré.

 

Le retour de l’humain sur le dieu, ou ici, sur le héros, s’est toujours trouvé au cœur de mes préoccupations, pour une raison que je ne m’explique pas vraiment.

 

Quelque chose d’autre s’est produit, d’un point de vue personnel aussi, sur ce film que je ne m’attendais vraiment pas à aimer autant.

 

Pour ceux qui aurait lu la nouvelle L’Aleph de Borgès, eh bien…j’ai eu l’impression de voir l’aleph en regardant First Blood. J’ai vu mille choses dans le même temps que je suivais l’histoire. Pour la toute première fois dans ma vie de cinéphage, mon cortex travaillait en même temps que mon affect, et ce que j’enviais à mes mentors de faculté s’est enfin produit. Un plan m’ouvrait mille chemins que je pouvais emprunter à toute vitesse, en en fouillant les moindres recoins pourtant, jusqu’au plan suivant qui me provoquait le même effet.

Après tant d’années à parler aux films, celui-là a enfin décidé de me répondre.

 

Je suis heureuse que ce soit Rambo. J’aime les personnages, les acteurs et les mythes effrités par la sagesse de leur instigateur.

 

Les deux épisodes suivants ont quant à eux sacrifié le personnage sur l’autel des desideratas égocentrés d’un public en manque de héros, séquelle post-Vietnam, et de victoires flamboyantes. Pourtant, La Mission et Rambo III (faut croire qu’au bout d’un moment, on s’est dit que ça n’avait plus d’importance de chercher un titre…) sont plus intéressants qu’ils n’y paraissent, même si c’est à la lumière du tout dernier volet de la saga qu’ils prennent leur véritable ampleur.

 

Rambo II et III érigent, avec pléthore de fusillades, d’actes de bravoure, d’emphase sur le galbe presque irréel des muscles suintants d’un Stallone sacrément balèze, le mythe cinématographique et hégémonique de l’Amérique.

 

Flattant l’ego des américains en leur offrant un avatar à la fois justicier et invincible (mais qui ignore son invincibilité pour embrasser, sans aucune hésitation, la notion de sacrifice – d’où la beauté de la chose…), les producteurs, réalisateurs, et auteurs (dont Sly himself) ont fabriqué un homme désincarné, dont le patriotisme dégouline de chaque pore malgré les coups de pute que lui jouent ses supérieurs, et surtout, malgré l’expérience malheureuse vécue dans le premier film !

 

Rambo se résume à un être d’action, qui ne manque pas d’initiative certes, mais qui ne questionne jamais rien et se contente de taper sur tout ce qui bouge, du moment que ce n’est pas américain.

Il respecte soigneusement et littéralement la « première loi de la robotique » rédigée par l'auteur Isaac Asimov: Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.

Fabriqué par les américains, John Rambo est conditionné pour ne pas toucher à ses compatriotes, aussi détestables soient-ils.

 

Galvaniser les esprits en cette triste période de Guerre Froide représentait sans nul doute une intention louable, mais le manque de lucidité sur des questions aussi fondamentales que la Guerre, sa légitimité et ses idéologies, font quand même mal au cœur.

 

De fait, l’hégémonie américaine, forte de sa way of life imposée à coups de matraques ou de dollars partout dans le monde ne souffre pas de remise en question.

C’est bien connu, se questionner c’est déjà se rebeller. Et heureusement, Rambo ne se pose pas de question et, malgré sa définition dans le dictionnaire U.S, il a réussi à faire fantasmer des gens et même à se faire envier.

[Ram⋅bo: a fanatically militant or violently aggressive person.]

 

Loin du Comédien d'Alan Moore qui, sans questionner, pose néanmoins un regard ultra lucide sur son monde autant que sur lui-même, Rambo incarne pourtant le rêve américain de victoire par K.O.

Il voulait gagner la guerre du Vietnam. Il veut gagner la guerre. D’abord « sa » guerre, celle pour laquelle il a été conçu, celle qui a tué les seuls amis qu’il avait, avant de se rendre compte que n’importe laquelle fera l’affaire du moment qu’il la gagne.

 

Exporté dans le monde entier et porté par un succès relatif (le III sortant, malheureusement pour lui, après la fin de la Guerre Froide…) Rambo cristallise aujourd’hui, comme les Guignols l’ont traduit, l’image que le reste du monde se fait de l’Amérique.

La tristesse de la chose est qu’il personnifie également aux yeux des américains, l’idée puissamment arrogante qu’ils ont d’eux-mêmes…idée entretenue, bien évidemment, parce que très confortable.

 

Si l’on regarde Zombieland, vendu comme un Shaun of the Dead à l’américaine, on est obligé de se dire que le concept même de lucidité et de remise en question est étranger à ce pays qui a pourtant vu naître Romero, Carpenter et j’en passe...Sans aller vraiment dans les extrêmes et dire « étranger », je peux me contenter de dire « indésirable ».

Il est clair qu’un gouvernement a tout intérêt à endormir sa jeunesse. Ainsi donc, les personnages de Zombieland ne se comparent jamais, Ô grand jamais aux zombies (ce qui est quand même HALLUCINANT !) et se contentent d’en défoncer…pour ratisser large, on évite le trop gore et hop, le tour est joué !

 

Si je me suis autorisée cet aparté, c’est parce que ce symptôme d’aveuglement persiste, et que « Zombieland », tout comme Rambo II et III, chérit sa fibre américaine parce qu’on lui a apprit et parce que ça garantit le succès.

 

America, fuck yeah !

 

Il manque à Rambo l’humanité qu’il avait dans First Blood. Il manque à ce Captain America, qui n’a d’autre costume que son corps, une personnalité à la mesure de sa carrure, ou même une simple résurgence de son être dans la machine.

 

C’est là que se pose le IVème et ultime volet à ce jour, crépuscule du mythe, affirmation de l’homme.

 

Sorti exactement 20 ans après son prédécesseur, JOHN RAMBO témoigne d’une intelligence et d’une vitalité de la franchise qui s’éloigne des concepts grabataires d’une Amérique qui finira peut-être, comme le vieux continent, par se prélasser dans une autosatisfaction puante.

 

Le titre promettait de remettre le personnage au centre des enjeux scénaristiques et c’est avec brio qu’il y parvient, nous offrant un visage familier, marqué par la blessure du temps, révélant une histoire nouvelle, plus humaine, lucide et hardcore.

 

Stallone co-écrit une fois de plus le scénario, comme il l’a fait sur toute la saga, et signe la réalisation de cet épisode, succédant ainsi à Ted Kotcheff, George Pan Cosmatos et Peter McDonald.

 

Fallait-il 20 ans pour attester des méfaits d’une mythologie devenue pathologie, fondée sur des principes délétères ? Peut-être.

En tout cas, il fallait du talent pour arracher à l’inconscient collectif l’homme qu’on a rêvé en premier, qu’on a incarné 3 fois de suite et qui s’est fait rêver par d’autres.

 

Stallone l’a fait. Il a descendu son avatar du piédestal (ou de l’échafaud, c’est selon…), il lui a bourré le crâne d’une complexité inhérente à l’être humain et lui a ôté ses œillères. « You didn’t kill for your country. You killed for yourself. »

Voix off rugueuse et plus habitée que jamais, qui sonne le glas du patriote.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, JOHN RAMBO n’est pas une œuvre démagogue, cherchant un quelconque moyen de pardonner un boucher qui a la guerre dans le sang.

 

Non, ce quatrième volet, chant du cygne et phoenix reborn à la fois ne lésine pas sur le gore. Il assume sa violence de bout en bout et sort John du circuit militaire pour le mettre aux côtés des siens : les mercenaires. Sauf que lui ne tue pas pour l’argent. La mise en scène et l’écriture ne nient pas qu’il puisse le faire pour de bonnes raisons (sauvetage d’innocents), mais elles n’empêchent pas non plus de croire qu’il le fasse pour le thrill, comme le suggère, de façon très subtile, la réplique d’un des mercenaires.

 

Loin de juger les actes carrément sanguinaires de John (moins d’explosions, plus d’hémoglobine !), le film le glorifie cependant bien moins qu’avant. Ainsi, chacun des mercenaires est caractérisé très rapidement, loin des caricatures trop faciles, et effectue une manœuvre d’exfiltration avec une efficacité redoutable. Rambo n’est plus seul au milieu d’une bande d’incapables ou de faire-valoir.

 

La scène finale elle-même partage sa violence inouïe entre les différents personnages. Même si c’est bien Rambo qui rythme de sa gatling le requiem infernal du film, le wild bunch entier se lance contre la horde ennemie avec une sauvagerie réellement impressionnante. Impossible de ne pas penser à Peckinpah !

 

Je ne suis pas une petite nature. J’adore le gore et les fusillades au cinéma. Pourtant, je dois admettre que cette boucherie finale s’est révélée particulièrement éprouvante. Quand le silence revient (ou plutôt, quand la musique ressemble à du silence tant les bruits de l’action la couvraient juste avant), on mesure l’ampleur du carnage et le soulagement physique que son achèvement suscite, malgré l’empathie qu’on pouvait éprouver envers certains des mercenaires pendant la lutte.

 

L’armée quant à elle est tout de même présente dans le film…la junte militaire Birmane constitue l’entité à combattre, mais cette fois-ci, même si la « silhouette » de l’ultime méchant nous apparaît plus d’une fois, on perd l’interaction entre Rambo et lui car il y a plus important à montrer : l’amincissement de cette frontière entre le Bien et le Mal, valeurs émétiques si chères aux américains.

 

Rambo sait enfin quel homme il est. Il ne demande aucun pardon. Retournant encore une fois aux sources du premier, il parle peu et laisse à Stallone le soin de nous toucher de mille autres manières.

 

Inversant le procédé d’un Gran Torino, où Clint Eastwood révélait l’humanisme d’un homme qu’on taxe facilement de fascisme vues sa filmographie et son appartenance au Parti Républicain (triste amalgame), Sylvester Stallone démolit un mythe héroïque (pourtant plus fasciste que Dirty Harry par feu son aveuglement écoeurant dans le II et III…)…

 

Mais comme il est propre aux américains de tout comprendre à l’envers (cf. « Born in the U.S.A » considéré comme une éloge du pays alors qu’elle le défonce dans ses paroles…) on ne s’étonnera plus de leurs réactions, de leurs contresens, de leurs exigences capricieuses ou encore de la merde qu’ils ont dans les yeux.

 

JOHN RAMBO est un très grand film, qui réussit le pari incroyable – que tant d’autres perdent de nos jours ! – de chatouiller nos neurones autant que notre épiderme et de dévier un fantasme puéril vers une réalité dure, tristement logique et crédible.

 

D’une sobriété incroyable témoignant de l’humilité d’un Stallone que j’aime décidément regarder, cette œuvre amplifie, en mon for intérieur, le cri perçant de mon âme, qui réclame des hommes, des hommes, des hommes aux richesses insoupçonnées, aux secrets douloureux, aux corps meurtris ou aux mains tendues vers des armes…des hommes à l’identité tranchée, qui peignent sur la toile monochrome d’une société conformiste, faite de concepts, de dieux et de mythes, leur couleur vive, chaude et marginale.

 

 

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04.11.2009

Hé les Zombés!

Quand est-ce que vous venez nous bouffer??

 

Survival of the Dead

(sorti partout déjà, sauf chez nous of course...)

 

26.10.2009

Croix de Fer

'tite dédi à mon frère d'arme et à Berlin!

 

un diptyque de Perkus Palenn. (j'préfère le french one perso...)

 

Croix de Fer

Happant les soldats comme un balai la poussière
J'ai vaincu des folies et j'ai gagné des guerres
Sur les flancs d'une montagne ennégée de l'hiver
Mon rêve impatient a trouvé la Croix de Fer

Sous les cieux peu cléments j'ai dormi comme on meurt
Sous le froid sans merci j'ai perdu quelques heures
A tenir contre moi le bijou du tonerre
Une fleur ennivrante épanouit sur les pierres

A ses épines noires j'attache les oripeaux
De quelque infâme tireur qui m'avait cru de trop
Je me mire dans ce métal qui m'est le plus cher
Thésée dans le dédale n'a connu plus d'effort

Que celui par lequel j'ai recouvert la terre
Des poids lourds et perdus d'un grand nombre de morts
Qui périrent dans les champs où poussent la Croix de Fer!

 

Cross of Iron

Reaping empty soldiers like a broom does the dirt
I won all the wars with no madness and no hurt
Up high on a mountain covered in cream white snow
I dreamt of the place where the Iron Crosses grow

Under pale angry stars I slept like dead must do
And in the coldness of my heart I thought I knew
Tthat it belonged to thunder and thunder alone
This rose of darkness blooming fully on the stone

To her thorns I shall fix what was left of this man
Wwho thought I should have died like all the others can
But I'd rather reflect in this black silver glow
For Thésée in the maze didn't fight half as hard

As I did when I sent a hundred dead below
Beheaded, abandoned upon the battle yard
To rest on this land where the Iron Crosses grow!